Le débat sur la transition énergétique doit être serein

Par Bernard M.
Publié le 13 novembre 2012 à 10:55

La Fondation Nicolas Hulot exhorte le gouvernement à prendre en compte les demandes des différentes parties prenantes

Il est regrettable que les parties prenantes au débat national sur la transition énergétique obtiennent leurs informations, au compte-gouttes, par voie de presse. La Fondation Nicolas Hulot juge encore plus regrettable que le gouvernement semble ne pas prendre la mesure du profond malaise qui entache le débat, avant même son commencement. La situation actuelle n'offre pas les conditions d'un débat apaisé et constructif, alors même que le sujet est extrêmement délicat : transparence, pluralisme, représentativité et indépendance doivent être appliqués sans attendre. La Fondation Nicolas Hulot attend du gouvernement qu'il ramène la sérénité nécessaire au bon déroulement des discussions, sous peine d'un échec dramatique pour le pays. Transparence ? Le gouvernement n'a toujours pas annoncé officiellement le rôle et le fonctionnement précis du comité de pilotage… Déterminer la composition du comité de pilotage avant même d'avoir statué sur ses missions laisse planer le doute sur sa capacité à assurer une représentation juste, impartiale et transparente des différents points de vue. La FNH demande que le rôle exact et les moyens donnés à ce comité de pilotage soient enfin clairement définis par le gouvernement. Pluralisme ? Pas de représentants des énergies renouvelables, de l'efficacité énergétique et des consommateurs… Si ce comité de pilotage a bien la charge de garantir que tous les sujets soient abordés, sa composition actuelle ne le reflète pas. Sur les 5 personnalités choisies, 2 sont issues du monde de l'énergie atomique, alors que celle-ci ne représente que 30% de notre mix énergétique actuel. La FNH a insisté à de nombreuses reprises sur le caractère indispensable d'aborder ce débat sous l'angle de la consommation énergétique et de sa maîtrise, comme les conclusions de la conférence environnementale l'avaient d'ailleurs souligné. La composition de ce comité de pilotage démontre pourtant la non prise en compte de ces enjeux. La Fondation Nicolas Hulot demande à ce que soit revue la composition du comité de pilotage, afin qu'il y soit a minima ajouté des représentants des énergies renouvelables, de l'efficacité énergétique et des consommateurs. Représentativité ? Pas de garant du débat public… Ce comité de pilotage ne compte aucun spécialiste des débats publics, garantissant une participation effective de toutes les parties prenantes et notamment des citoyens. C'est pourtant la condition sine qua non à la juste représentation de tous les points de vue. Indépendance ? La présidence sera assurée par la ministre elle-même… Le rôle de la ministre, et plus globalement du gouvernement sera d'arbitrer, une fois les recommandations des différentes parties prenantes reçues à l'issue du débat, pour construire la nouvelle stratégie énergétique de la France. A ce titre, il est incohérent que la ministre elle-même se positionne en tant que présidente du comité de pilotage. Celui-ci doit impérativement être découplé de l'autorité exécutive afin d'assurer son indépendance et la juste prise en compte des différentes recommandations.