Le pari de l'autonomie énergétique

Par Bernard M.
Publié le 12 avril 2006 à 01:56

Autonomie voire autarcie énergétique : tel est le pari d'une communauté de communes rurales du centre-Bretagne ...

... qui a décidé de produire de l'huile de colza d'ici la fin de l'année aux fins de concrétiser, en 2007, un projet de méthanisation, projet ambitieux et d'envergure actuellement sans équivalent en France !



Une soixantaine d'agriculteurs a déjà adhéré à la Cuma (Coopérative d'utilisation de matériel agricole) Menergol, l'entité qui va acquérir la presse à colza, un investissement de 400 à 450.000 euros, couvert pour moitié par les collectivités locales.



Les prévisions, pour cette année, s'établissent entre 200 à 300.000 litres d'huile. En revanche, l'objectif à terme serait d'arriver à 1,5 million de litres par an.



Pourquoi ? Car le colza a une valeur protéinique et énergétique qui peut se prévaloir de pouvoir remplacer avantageusement les tourteaux de soja", des "briques énergétiques" importées principalement des Etats-Unis ou encore du Brésil, des briques bricolées, si l'on peut dire, puisqu'il est de plus en plus difficile d'en trouver exemptes d'OGM, comme l'indique d'ailleurs Jacky Aignel, éleveur de bovins et surtout maire de Saint-Gouéno.



Sachant que le prix de revient d'un litre d'huile de colza est évalué à environ 40 centimes d'euro, contre plus de 0,60 euro pour le fuel, en constante augmentation, la décision ne fut pas trop difficile à prendre.



D'autant que cette pression économique, particulièrement angoissante et primordiale pour les exploitants agricoles, revient comme un leitmotiv dans les disxours comme les revendications des exploitants.



C'est en 1999 qu'a été lancé le projet de cette usine de méthanisation; elle est censée produire du gaz à partir de lisier - il est vrai un problème majeur pour les exploitations hors sol - mais aussi à partir de boues industrielles et urbaines. La lumière est maintenant au bout du chemin puisque toute cette nouvelle organisation devrait voir le jour courant 2007.



Réduction des coûts, maintien de l'emploi agricole et de la santé économique de la région auront constitué le tryptique qui aura prévalu aux choix opérés pour lesquels M. Aignel, également vice-président de la communauté de communes, n'est pas resté inactif, conscient des dangers présents et à venir face à la "mono industrie" de l'agro-alimentaire locale -une unique usine employant près de 2.000 personnes.



Or, pour ce maire comme pour tous les autres, ces initiatives ont déjà un effet positif car, aujourd'hui, le monde agricole ne peut plus vivre ni survivre sans projets.