Léon Bertrand est content
Publié le 25 janvier 2006 à 14:59
Car si la fréquentation touristique est restée pratiquement stable l'an dernier en France, les étrangers ont davantage dépensé et les recettes ont ainsi progressé de 3,5%
L'an dernier, le nombre de visiteurs a progressé de 0,5% dans l'Hexagone, première destination touristique mondiale, pour dépasser les 75 millions d'arrivées, a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse à Paris. Au total, ils ont passé 562 millions de nuitées sur le territoire français, ce qui représente une hausse de 0,1% par rapport à 2004.
Mais si leur nombre reste stable, ils ont davantage dépensé : les recettes du tourisme international ont avoisiné les 34 milliards d'euros (+3,5%) grâce au retour des clientèles au fort pouvoir d'achat, comme les Américains et les Japonais (+5,5%), et à l'émergence des clients chinois (50.000 par mois en 2005).
Cette hausse de fréquentation a surtout profité à Paris et à l'Ile-de-France, ainsi qu'à la Corse et à la Côte d'Azur.
En revanche, les touristes européens, en particulier allemands, ont boudé l'Hexagone. Leur fréquentation a reculé de 1,5%, une baisse attribuée par M. Bertrand aux difficultés économiques des pays concernés. Cette érosion a été limitée par la venue des touristes espagnols et scandinaves.
Après "les crises de 2003 et la timide reprise de 2004", le ministre délégué au Tourisme a parlé d'un bilan "globalement positif" pour 2005. "Notre plan marketing de 2004 qui consiste à dire, maintenant, il faut viser la valeur touristique, et non la quantité, commence à porter ses fruits", a-t-il souligné.
"Nous savons que, de toute façon, dans les années à venir, nous perdrons mécaniquement notre première place parce qu'il y a d'autres pays qui sont plus grands que nous, comme l'Inde et la Chine, et qu'il y a des destinations qui se créent tous les jours", a rappelé Léon Bertrand. "L'idéal serait d'avoir des touristes, peut-être pas trop parce qu'il faut en même temps (...) faire attention à ne pas dégrader notre patrimoine naturel, et que ces touristes dépensent beaucoup".
Sur le plan intérieur, le taux de départ des Français est resté sensiblement identique à 2004. Pendant la période estivale, ils ont réalisé plus de 112 millions de séjours, dont près de 12% à l'étranger. Entre avril et septembre, 68,6% des Français âgés de plus de 15 ans sont partis au moins une fois en voyage. Alors que la durée des séjours diminue depuis 2001, elle s'est stabilisée en 2005 (5,6 nuits en métropole, huit nuits pour les voyages à l'étranger et outre-mer).
Enfin, Léon Bertrand a affirmé que le tourisme apportait une contribution "significative" à la création d'emplois dans l'économie avec 200.000 entreprises, un million d'emplois directs et autant d'emplois induits. Vingt-deux mille emplois ont été créés l'an dernier dans ce secteur sur les neuf premiers mois de l'année, contre 17.000 emplois sur l'ensemble de 2004, a-t-il dit.