Les adolescents Parisiens aisés consomment plus de drogue
Publié le 18 janvier 2006 à 15:46
Selon une étude de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) publiée mercredi
"Il existe de fortes disparités entre les zones de résidence intra-muros", affirme l'Enquête sur la santé et les consommations réalisée lors de l'appel de préparation à la défense (ESCAPAD) par l'OFDT à l'initiative de la Mairie de Paris.
"Les jeunes résidant dans les quartiers plus favorisés (du sud-ouest de Paris), selon ce rapport, apparaissent plus souvent consommateurs d'alcool, tabac, psychotropes, poppers, cocaïne, voire de cannabis, que ceux des quartiers populaires (nord-est)".
D'après l'étude - menée en 2004 auprès de 1.552 jeunes parisiens âgés de 17 ans -, 24% des adolescents dans le nord-est fument quotidiennement des cigarettes. La proportion monte à 33% dans le sud-ouest et à 37% dans le nord-ouest de Paris, avec une légère surconsommation féminine.
La prise de médicaments psychotropes, apanage des filles, est également plus forte dans les zones aisées (15% dans le sud-ouest) que dans celles qui le sont moins (9% dans le nord-est).
Et le déséquilibre est plus marqué en terme de consommation d'alcool. 7% des adolescents dans le nord-est en boivent régulièrement. La proportion monte à 15% dans le sud-ouest. Les ivresses répétées y sont également deux fois plus nombreuses (20% contre 10%).
A contre-courant de cette tendance, l'usage du cannabis est plutôt uniforme à Paris (33% dans le sud-ouest, 26 dans le nord-est). La proportion de consommateurs réguliers déclarant avoir fumé plus de trois joints lors du dernier épisode de consommation est même "plus élevée dans le nord-est" de Paris (31% contre 25% en moyenne)".
Les autres stupéfiants sont consommés de manière marginale. Mais là encore, les jeunes des quartiers favorisés ont ingéré plus de poppers, de champignons hallucinogènes ou encore d'ecstasy (16% contre 9% dans les arrondissements du nord-est).
"Le fait d'habiter dans un environnement va jouer sur les choix de consommation des jeunes", explique François Beck, un des auteurs du rapport et responsable des enquêtes statistiques à l'OFDT.
"Les jeunes issus de milieux favorisés ont peut-être plus d'aisance pour se lancer dans la consommation de drogues. Ils ont un soutien familial et une structure solide autour d'eux", précise-t-il.