Les antilibéraux veulent incarner la 'vraie gauche' contre Ségolène Royal

Par Bernard M.
Publié le 20 novembre 2006 à 18:07

Les antilibéraux se sentent pousser des ailes après la désignation de la "blairiste" Ségolène Royal par le PS, se donnant pour mission de représenter "une gauche de gauche" en 2007, mais peinent à se mettre d'accord sur le nom d'un champion pour porter leurs couleurs.

"La victoire de Ségolène Royal est la traduction du déplacement vers la droite du centre de gravité du PS: une sorte de blairisme à la française sur le dos des aspirations populaires", a affirmé Claude Debons, coordinateur du Collectif national antilibéral, lors d'une conférence de presse lundi.



Les autres courants du rassemblement n'étaient pas en reste pour dénoncer la candidate socialiste: avec elle "le PS s'oriente vers un libéralisme autoritaire et un populisme moralisant", a dénoncé Christian Picquet, chef de file du courant minoritaire de la LCR.



Appel entendu par le sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon, l'un des ténors du "non de gauche" qui a apporté son soutien aux antilibéraux après la désignation de Mme Royal.



Désormais, "nous sommes l'héritage de la gauche en France", et face à "une candidature de soumission (celle de Mme Royal) nous présentons une candidature anti-système", a proclamé Eric Coquerel du MARS, l'une des composantes du Collectif.



Le PCF a vu dans le triomphe de Mme Royal "l'aggravation d'une orientation politique préoccupante du PS"



Si la gauche radicale voit son espace politique élargi par la désignation de Mme Royal, elle reste menacée d'explosion, le PCF insistant pour que Mme Buffet porte les couleurs antilibérales, à quoi s'opposent les autres organisations.



"Deux candidatures ne feront pas consensus: celle de José Bové" que rejette le PCF et "celle de Mme Buffet à laquelle s'opposent tous les autres courants", résume une des participantes au mouvement.



Selon elle, parmi les autres présidentiables, "deux candidats émergent": la très médiatique Clémentine Autain, adjointe au maire de Paris, et Yves Salesse, théoricien du mouvement.



Le choix, qui doit intervenir par "double consensus" entre les militants et les organisations, est attendu lors d'une réunion des délégués des Collectifs les 9 et 10 décembre à Saint-Ouen en région parisienne.



En attendant, les antilibéraux entendent poursuivre leur campagne: après une série de meetings réussis, dont le dernier à Montpellier vendredi a réuni 4.000 personnes, un tract de quatre pages sera diffusé à deux millions d'exemplaires.



Refusant de prendre part au rassemblement, Olivier Besancenot, candidat de la LCR, a ironisé lundi sur "le spectacle un peu lamentable" de la gauche antilibérale qui affiche "une unité de façade" sur les tribunes mais "s'engueule en coulisses" sur le nom d'un candidat unique.