Les députés veulent relancer les études scientifiques en France

Par Bernard M.
Publié le 03 mai 2006 à 16:31

La désaffection des jeunes pour les études scientifiques est préoccupante en France comme dans la plupart des pays occidentaux et il convient de faire des efforts dans tous les cycles de scolarité

Telle est la conclusion à laquelle est parvenue la mission d'information de l'Assemblée nationale sur l'enseignement des disciplines scientifiques dans le primaire et le secondaire.



"Depuis plus de dix ans, la situation est préoccupante en France comme dans la plupart des pays occidentaux", écrit le député UMP Jean-Marie Rolland dans son rapport présenté mercredi.

"La communauté scientifique s'est pourtant fortement mobilisée depuis plusieurs années, multipliant les initiatives en direction des établissements d'enseignement, notamment pour populariser les sciences", souligne le député de l'Yonne.



"Malgré tous ces efforts, la courbe des effectifs étudiants a poursuivi sa décroissance, à l'exception toutefois des filières de la santé", ajoute-t-il en précisant qu'en France on dénombre 5,7 chercheurs pour 1.000 habitants, contre 9,14 au Japon et 8,08 aux Etats-Unis.



La mission formule une trentaine de propositions visant à relancer l'intérêt pour les sciences à l'école, au collège, au lycée, dans les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) et à l'université.

Elle propose qu'à l'école l'enseignement des sciences soit renforcé avec une formation et un accompagnement plus accentués des maîtres tandis qu'au lycée il est proposé de rendre obligatoire "les activités d'investigation, d'observation et d'expérimentation dans une approche interdisciplinaire".



Le rapport propose en outre de développer les laboratoires de mathématiques et "d'aider les filles à mieux valoriser leurs capacités et à lutter contre l'autocensure vis-à-vis des mathématiques et des sciences".

Au lycée, la mission propose, par exemple, de créer une option science en seconde, de recréer une "véritable" filière scientifique en première et terminale en allégeant les programmes dans les matières non scientifiques.



Il est aussi proposé de réintroduire l'épreuve de mathématiques au baccalauréat en terminale littéraire, "au besoin en réduisant le volume horaire dans d'autres matières", de développer les clubs scientifiques et d'organiser des compétitions nationales et internationales sur le modèle des Olympiades de physique et de maths sans frontières.



Dans les IUFM, la mission d'information prévoit d'introduire une épreuve obligatoire de sciences de la nature et de technologie dans les épreuves d'admissibilité du concours de recrutement.



Enfin, à l'université, le rapport propose de généraliser les licences pluridisciplinaires ou bien encore d'accorder dès la fin de la première année de licence des bourses au mérite sans condition de ressources pour les étudiants qui entreprennent des études universitaires scientifiques.