'Les dessins qui font trembler l'Europe'
Publié le 07 février 2006 à 14:59
L'hebdomadaire croate Nacional a publié dans son édition de mardi les douze caricatures représentant le prophète Mahomet dont la publication en Europe a ulcéré de nombreux musulmans, une décision aussitôt regrettée par le gouvernement croate
"En raison de l'intérêt que cela représente pour l'opinion publique et pour la liberté de la presse, Nacional a décidé de publier les caricatures qui ont entraîné une vague de violence, de l'amertume et des sentiments anti-européens dans une partie du monde arabe", a expliqué la rédaction du journal, qui est le seul à ce jour à avoir publié ces caricatures en Croatie.
A sa Une, sur fond vert et noir, Nacional, un des journaux les plus influents de Croatie, reproduit six caricatures sous le titre : "Les dessins qui font trembler l'Europe".
L'ensemble des douze caricatures, initialement publiées en septembre par le quotidien danois Jyllands-Posten, sont reproduites en pages intérieures.
"En tant que média indépendant, nous avons considéré que la publication de ces dessins était notre devoir, afin de montrer comment une chose, aussi mineure qu'elle soit, a provoqué un problème mondial", souligne l'hebdomadaire.
Le journal, qui considère, en revanche, que les caricatures sont "stupides" et "quasiment dépourvues d'esprit d'humour", se demande si l'"Occident, riche de toutes ses valeurs et traditions, doit accepter les ultimatums d'une partie des musulmans radicaux" et "leur dictature religieuse et culturelle".
Dans la journée, le gouvernement croate a "rejeté la façon dont Nacional s'est impliqué dans (cet) événement", dans un communiqué.
"Quelle que soit la motivation de la rédaction, le gouvernement de la Croatie estime que les médias ne devraient pas publier les sujets qui sous-estiment et ridiculisent la religion, la nationalité, la race ou la morale de l'autre", indique le communiqué.
"Le gouvernement luttera pour la pleine liberté de la presse, mais la liberté doit impliquer la responsabilité pour ce qu'on publie", estime le gouvernement croate.