Les écrevisses de Louisiane prolifèrent à nouveau en Loire-Atlantique

Par Bernard M.
Publié le 15 juin 2007 à 09:57

Le Parc naturel régional de Brière et la réserve naturelle du parc de Grand-Lieu en Loire-Atlantique sont de nouveau confrontés à une prolifération d'écrevisses de Louisiane, une espèce invasive qui menace l'écosystème devant laquelle ils sont démunis.

Apparues il y a une vingtaine d'années en Brière après s'être échappées d'un centre d'élevage, les écrevisses se sont rapidement reproduites avant que leur prolifération ne soit freinée par de mauvaises conditions climatiques.



Mais, cette année, "on est repartis de plus belle", commente Bernard Guihéneuf, directeur du parc régional de Brière.



Capable de pondre plusieurs centaines d'œufs, l'écrevisse de Louisiane prend la place des écrevisses autochtones et s'attaque aux herbiers aquatiques, base de son alimentation mais aussi lieux de frayère pour les poissons et habitat pour les insectes aquatiques.



L'une d'entre elles pourrait être d'autoriser la commercialisation de l'écrevisse de Louisiane, une espèce comestible.



La vente d'écrevisses vivantes pourrait intéresser les restaurateurs et ouvrir ainsi de nouveaux débouchés économiques, notamment pour les pêcheurs professionnels du lac de Grand-Lieu.



Car cette invasion touche de plein fouet la pêche à l'anguille des sept pêcheurs professionnels sur lac, une profession qui a quasiment disparu en France.



Les filets de pêche sont en effet envahis d'écrevisses qui les rendent inutilisables ou abîment les anguilles, explique Patrice Bioret de la Société nationale de protection de la nature (SNPN), gestionnaire de la réserve naturelle du lac de Grand-Lieu.



Le conservateur est d'autant plus inquiet que le lac de Grand-Lieu possède le plus grand herbier flottant de France, d'une superficie d'un millier d'hectares, qui abrite la moitié des effectifs français de Guifettes Moustac, soit environ 1.400 oiseaux.