Les énergies renouvelables, ce sont aussi les déjections animales !

Par Bernard M.
Publié le 26 février 2013 à 10:36

Qu’est ce que la méthanisation ? Comment s’inscrit-­‐elle dans le cadre de la transition énergétique ? Irstea (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture) est un acteur incontournable en matière de recherche et d’innovation pour la valorisation des déchets issus de la ferme. A l’occasion du Salon international de l’Agriculture, l’institut a évalué la production énergétique que représentent les déjections des animaux présents pendant les 9 jours à Paris : des chiffres parlants qui illustrent la dimension stratégique de la méthanisation pour la transition énergétique.

Qu’est ce que la méthanisation ? Comment s’inscrit-­‐elle dans le cadre de la transition énergétique ? Irstea (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture) est un acteur incontournable en matière de recherche et d’innovation pour la valorisation des déchets issus de la ferme. A l’occasion du Salon international de l’Agriculture, l’institut a évalué la production énergétique que représentent les déjections des animaux présents pendant les 9 jours à Paris : des chiffres parlants qui illustrent la dimension stratégique de la méthanisation pour la transition énergétique. Les déjections animales sur le Salon : de quoi alimenter en électricité 5 familles françaises pendant un an ! A l’issue du Salon international de l’Agriculture en 2012, environ 530 tonnes de déjections animales (hors volailles) ont été récupérées. Ces déchets organiques auraient permis de produire près de 16 000 m3 de biogaz, soit 33 000 kWh électriques. La consommation moyenne d’une famille française pouvant être estimée à 6 500 kWh chaque année, ces 530 tonnes auraient donc permis de produire l’énergie nécessaire pour alimenter en électricité 5 familles françaises pendant un an ! La méthanisation est un processus qui consiste à faire « digérer » des déchets organiques d’origine végétale ou animale par des bactéries qui les transforment en biogaz. Ce gaz, principalement composé de méthane, constitue une source d’énergie renouvelable qu’il est possible de transformer en chaleur, en électricité et en carburant. Il est également possible de l’injecter directement dans le réseau de gaz naturel. En plus de la production d’énergie à partir de ressources renouvelables, la méthanisation permet de réduire les déchets par valorisation et les émissions de gaz à effet de serre liées à leur gestion. Actuellement, 13% des énergies consommées en France sont d’origine renouvelable. Le méthane produit par méthanisation pourrait couvrir 3 à 5 % des besoins énergétiques de la France. Ce procédé peut donc jouer un rôle majeur pour atteindre l’objectif gouvernemental des 23% d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique du pays en 2020. Pour Irstea, les déjections animales et les déchets ménagers sont des ressources stratégiques à valoriser. Les travaux menés au sein de l’institut ont pour objectif de développer des techniques permettant d’améliorer significativement la valorisation de ces ressources. Il s’agit notamment de la co-­‐digestion, qui consiste à méthaniser plusieurs produits ensemble pour augmenter les capacités de production. Comprendre les interactions de ces produits aux niveaux chimique et biologique permet en effet de déterminer les « cocktails » à privilégier et ceux à éviter pour optimiser le processus de méthanisation. Le travail de l’institut porte également sur l’adaptation des bactéries à des températures froides (15-­‐20°C), tout en essayant de conserver les performances du processus, qui fonctionne plutôt autour de 40°C. Cela permettrait d’éviter de chauffer le système et donc de consommer une partie de l’énergie produite.