Les grands travaux du Mont Saint Michel

Par Bernard M.
Publié le 16 juin 2006 à 10:23

Le Premier ministre Dominique de Villepin lance officiellement l'énorme chantier destiné à rendre son caractère maritime au célèbre site menacé d'ensablement

Le Premier ministre doit par ailleurs annoncer le coût total du chantier qui devrait se situer autour de 150 millions d'euros, avec un financement à parts égales entre l'Etat et les collectivités locales tandis que 17 millions seront apportés par l'UE.



Les travaux - prévus sur six ans - vont débuter par la construction d'un barrage hydraulique sur le Couesnon, la rivière qui se jette dans la baie du Mont, qui comme toute les baies est peu à peu comblée par les sédiments déposés à chaque marée. "Historiquement, le Mont était à un peu plus de 4 km du continent, alors qu'aujourd'hui il n'est plus qu'à quelques dizaines de mètres", explique François-Xavier de Beaulaincourt, directeur général du syndicat mixte.



Le barrage, qui sera achevé fin 2008, doit donc remplir le Couesnon d'eau de mer à marée haute avant de la libérer à marée basse, provoquant un effet de chasse d'eau destiné à faciliter l'élimination des sédiments.



Situé à 2 km du Mont, la construction sera coiffée d'un pont-promenade doté d'un belvédère, d'où il sera possible d'admirer "la Merveille" classée au patrimoine mondial de l'Unesco et l'ensemble de la baie. Courant 2007, des aménagements hydrauliques seront par ailleurs réalisés en amont du barrage afin d'extraire 1,5 million de m3 de sédiments du lit du Couesnon et de l'anse de Moidrey pour y créer un vaste réservoir.



L'année suivante, devrait débuter la construction d'un parc de stationnement situé sur des polders agricoles à 2,5 km du Mont et au sein d'un site paysager qui accueillera des bâtiments d'accueil du public. Fin 2010 début 2011, les visiteurs seront accueillis sur ce site pour y être acheminés jusqu'au Mont au moyen d'une navette circulant sur l'actuelle digue-route. Cette dernière sera remplacée par un pont-passerelle d'environ un km, dont la construction débutera en 2008. Construite en 1964, la digue-route accentue en effet la sédimentation autour du Mont en empêchant la libre circulation des courants. Elle sera donc détruite en 2012, une fois le pont-passerelle achevé. La navette circulera alors sur des rails en empruntant ce nouvel accès.



"Ce chantier pourrait être réalisé en trois ans, mais notre fil conducteur est de maintenir l'accès au Mont pour que les visites continuent pendant le chantier", indique M. de Beaulaincourt. "Le caractère maritime du Mont-Saint-Michel sera visible dès la fin des travaux et le niveau des fonds sera abaissé d'environ 70 cm au bout d'une dizaine d'années", explique-t-il.