Les maires de banlieues ne sont pas des shérifs
Publié le 08 juin 2006 à 10:57
Des maires de droite comme de gauche réunis pour les assises des villes de banlieue, mercredi à Clichy-sous-Bois, (Seine-Saint-Denis) ne veulent pas du pouvoir de sanction que leur donnerait le projet de loi Sarkozy sur la délinquance des mineurs, refusant d'être des "shérifs" selon l'expression de l'UMP Pierre Cardo
Près de sept mois après les violences urbaines qui ont secoué les banlieues, tous ont convenu que ces territoires "ne vont pas bien et continuent d'être dans le malaise et la souffrance", comme l'a dit Claude Dilain, maire PS de Clichy-sous-Bois et hôte de la réunion
Sur le projet Sarkozy, "je ne peux pas être à la fois l'exécutif local et le judiciaire qui décide de la sanction", a affirmé M. Cardo, député-maire de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines).
Il a aussi estimé que cela le mettrait "en danger" de même que sa famille car, résidant dans sa commune, il "cohabite avec des populations qui ont des problèmes et aucun respect pour l'autorité".
Refusant de jouer le shérif" ou le "juge de paix", il a considéré en outre que cela "mettrait aussi en danger l'objectif principal de Nicolas Sarkozy qui est de remettre à sa place le maire comme chef d'orchestre ou trait d'union" de la politique de sécurité.
Elus de droite et de gauche étaient pour une fois unanimes : "Cette dimension de sanction ne serait pas un plus mais une atténuation de nos autres responsabilités, elle n'entraînerait que des difficultés pour nous et rien qui impulse notre rôle de coordination", a déclaré Jean-Pierre Balduyck, maire PS de Tourcoing et président du FFSU (Forum français des sécurités urbaines).
Lors de cette réunion, le consensus était décidément de mise pour dénoncer aussi la disparition de la police de proximité.