Les vignerons protestent

Par Bernard M.
Publié le 15 février 2006 à 09:38

et manifestent aujourd'hui pour alerter le gouvernement sur la crise de leur profession et demander des aides

Les vignerons du Languedoc-Roussillon, de Provence et d'Aquitaine sont appelés par leurs syndicats et organisations professionnelles à manifester mercredi 15 février à Bordeaux, Narbonne, Béziers, Nîmes et Avignon, pour alerter l'opinion sur la "crise sans précédent" du secteur viticole.



Selon l'office national interprofessionnel Viniflhor, la France reste le premier pays producteur de vins (20% de la production mondiale) et premier exportateur, une place contestée par de nouveaux arrivants sur le marché (Etats-Unis, Brésil, Chili, Afrique du sud, etc).



Les vignerons français, face à cette production mondiale en forte hausse, alliée à une diminution de la consommation nationale et au recul des exportations, souffrent en effet de la mévente de leurs produits et de la pression à la baisse sur les cours.



Mercredi, ils souhaitent faire connaître leurs difficultés, dont témoignent notamment les intentions d'arrachage de vignes: en Languedoc-Roussillon, 12.500 hectares sont concernés et 1.800 dans le vignoble bordelais.



Les viticulteurs ont reçu le soutien de la Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles (FRSEA), des Jeunes agriculteurs, du Modef, de la Confédération paysanne, de la Fédération des caves coopératives, de la filière fruits et légumes, de la Confédération nationale des AOC, de celle des vins de pays, de la Coopération viticole nationale et de l'Association nationale des élus de la vigne et du vin (ANEV) notamment.

Selon la Confédération paysanne, il s'agit également de défendre "la ruralité" et le rôle d'"aménageurs du territoire" joué par les vignerons.



Pour le président de l'Union des vignerons de l'Hérault, Patrice Poupelin, il faut dénoncer "les marges que continue de prendre la grande distribution alors que les viticulteurs ne parviennent pas à couvrir leurs coûts de production et à nourrir leur famille".

Les manifestants demandent ce mercredi l'application des aides annoncées par le gouvernement: allègement des charges sociales et fiscales, report des échéances de prêts, aides aux trésoreries les plus en difficulté.




Le ministère de l'Agriculture rappelle que plus de 110 millions d'euros ont été accordés fin 2005 à la filière viticole.

Selon le ministère, 17 millions d'euros d'aides de trésorerie ont notamment été versés aux viticulteurs en difficulté, qui ont également bénéficié de 45 millions d'euros de prêts de consolidations (26 millions d'euros pour les coopératives). Plus de 11,5 millions d'euros ont été consacrés aux aides à l'investissement et à la promotion en faveur des entreprises.



Par ailleurs, note le ministère, "des instructions ont été données pour examiner favorablement les demandes d'allégement de la taxe sur le foncier non bâti et les dates de paiement ont été systématiquement prorogées". De même, des facilités de paiement ont été accordées par la Mutuelle sociale agricole (MSA).



De plus, affirme le ministère, la France a obtenu l'an dernier une mesure communautaire de distillation de crise pour les vins à appellation d'origine qui a permis de retirer du marché 1,085 million d'hectolitres de vins d'appellation. "Afin de soulager les stocks qui pèsent encore sur les cours, une nouvelle distillation exceptionnelle va être demandée à Bruxelles dans les plus brefs délais", précise le ministère de l'Agriculture.