Libération : Rothschild rejette le plan de relance de Plenel

Par Bernard M.
Publié le 26 octobre 2006 à 17:44

L'actionnaire principal de Libération, Edouard de Rothschild, a rejeté le plan de relance du titre présenté par le journaliste Edwy Plenel et soutenu par les salariés du quotidien, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

L'homme d'affaires, qui détient 38,8% du capital de Libération, a pris cette position dans un courriel envoyé mercredi aux autres actionnaires, cité jeudi par le quotidien Le Monde, et dont notre confrère, l'AFP, s'est fait confirmer le contenu de ces sources concordantes.



Dans son courriel, Edouard de Rothschild juge que le plan soutenu par les salariés de Libération "n'est pas réaliste" et il se dit "plus que sceptique sur l'approche" choisie par l'ancien directeur du Monde Edwy Plenel pour le défendre, évoquant "une mise en scène (...) développée sur un mode conflictuel vis-à-vis des actionnaires et d'une partie de l'équipe".


"Ces réflexions sont inacceptables et nous allons le faire savoir" à Edouard de Rothschild, a déclaré à l'AFP le porte-parole de la SCPL, Gilles Larher, quelques minutes avant le début du Conseil d'administration. Depuis fin septembre, les deux principaux actionnaires -- le banquier Edouard de Rothschild (38,8%), et la Société civile des personnels de Libération (SCPL, 18,4%) -- s'affrontent sur les mesures à prendre pour sortir de l'ornière.



Opposée à ces mesures, la SCPL a élaboré ces dernières semaines un projet alternatif en collaboration avec l'ancien directeur du Monde, Edwy Plenel.



Basé sur une relance éditoriale de l'édition papier et un fort développement du site internet, il compte réaliser 10 millions d'euros d'économies en 2007.


Pour le financier, qui réclame un retour à l'équilibre des comptes dès la fin de 2007, le volet économique du projet n'est pas assez développé et ne permet pas d'assurer la viabilité du quotidien.



Les dissensions semblent en effet se focaliser sur le mode de gouvernance du journal, son management et sa recapitalisation.



Pour attirer de nouveaux investisseurs, Edouard de Rothschild demande à la SCPL d'abandonner le droit de veto qu'elle détient sur les grandes décisions touchant à l'avenir du quotidien.



Celle-ci est évidemment réticente, alors qu'elle est opposée à la filialisation du site internet, craignant que le financier y concentre ses investissements pour le revendre.



Par ailleurs, elle n'aurait plus de droit de regard sur la nomination du PDG.



Or, elle souhaite qu'Edwy Plenel prenne les rênes du projet qu'il a contribué à élaborer.

M. de Rothschild affirme ne pas être opposé à la personne même de M. Plenel, auquel il a laissé entendre que pourrait être proposé un poste de "directeur du développement".



Mais selon des sources concordantes, sa venue comme PDG susciterait des réticences de l'actionnaire principal, alors qu'aucun autre nom ne circule pour ce poste.

Edouard de Rothschild avait fait savoir en septembre qu'il accepterait de réinjecter des fonds si son plan était accepté.