Macron dissout l'Assemblée nationale

Macron dissout l'Assemblée nationale
Par Bernard M.
Publié le 20 juin 2024 à 13:29

Un coup de force pour contourner le Parlement ?

A peine deux ans après sa réélection « par défaut », en 2022, le président Macron a pris tout le monde de court en annonçant la dissolution de l'Assemblée nationale. Ce coup de théâtre intervient dans la foulée des résultats sanctionnant sévèrement sa majorité à l’occasion des élections européennes.

 

Car en effet, ces derniers mois, le gouvernement a multiplié les recours à l'article 49-3 de la Constitution, pour faire passer en force ses réformes, s'affranchissant ainsi du débat parlementaire. Cette méthode autoritaire a profondément irrité l'opinion publique, excédée par ces passages en force. La force était aussi employée pour faire taire toute contestation dans la rue, au gré des nombreuses manifestations.

Au-delà de la rhétorique sur la nécessité de "redonner la parole au peuple", les vrais enjeux de cette dissolution sont donc avant tout politiques. Il s'agit pour le président de se débarrasser définitivement de ces députés trop enclins à s'opposer à son programme, et de réécrire à sa guise les équilibres du jeu parlementaire.

Un autre élément troublant est la possibilité pour Macron, après avoir dissous l'Assemblée, de démissionner de manière stratégique. Cela lui permettrait de se présenter à nouveau à l'élection présidentielle, potentiellement pour un troisième mandat, en invoquant la nécessité de "poursuivre son travail". Une hypothèse qui n'est pas à écarter, tant le président a montré son appétit pour le pouvoir.

Car Macron n'a jamais caché son dédain pour les contre-pouvoirs et les débats contradictoires. Sa méthode "jupitérienne", faite d'une concentration des pouvoirs et d'une réduction du rôle du Parlement, l'a bien souvent emporté ces dernières années.

Or, dans un contexte marqué par de profondes fractures sociales et politiques, cette dissolution soudaine n'aurait-elle pas pour but inavoué de mieux asseoir l'autorité présidentielle ? Quitte à bafouer les traditions républicaines et à s'affranchir des limitations constitutionnelles.

Car on ne peut s'empêcher de noter les liens étroits entretenus par Macron avec le mouvement mondialiste du "Great Reset" de Klaus Schwab, qui n'a pas hésité à déclarer que "vous n'aurez plus rien, mais vous serez heureux". Ne serait-ce pas là le véritable agenda du président français ?

Faire table rase du paysage politique pour mieux imposer son programme, quitte à s'écarter des règles démocratiques ? L'hypothèse ne manque pas de sel, dans un contexte où la confiance des Français envers leurs dirigeants n'a cessé de s'effriter.

Coup de maître ou pari risqué ? Seul l'avenir nous le dira. Mais une chose est sûre : les prochaines semaines s'annoncent particulièrement agitées dans l'Hexagone.

Accrochez-vous ! Car ça risque de secouer …