Maladroits ascensoristes : Bruxelles amende la « Cartel des gauches »

Par Bernard M.
Publié le 22 février 2007 à 10:24

La Commission européenne a infligé mercredi aux quatre plus grands fabricants d'ascenseurs mondiaux une amende record frisant le milliard d'euros, pour avoir participé à une entente illicite leur permettant de maintenir très élevés les prix des ascenseurs et des escalators.

Plus précisément, la Commission a imposé une amende collective d'un peu plus de 992 millions d'euros aux groupes américain Otis, suisse Schindler, allemand Thyssen Krupp et finlandais Koné.



Cette amende est la plus forte jamais infligée par la Commission européenne.



C'est Thyssen Krupp qui a écopé de la facture la plus lourde, avec une amende de 480 millions d'euros, soit la sanction la plus élevée jamais infligée par la Commission à une entreprise ayant participé à une entente illégale.



Alertée de pratiques anticoncurrentielles dans le secteur, la Commission a lancé une enquête en 2003, avant de lancer des perquisitions partout en Europe en 2004 afin de dénicher des preuves.



Selon ces investigations, "entre au moins 1995 et 2004", ces entreprises ont "mis en oeuvre une entente sur le marché de l'installation et de l'entretien des ascenseurs et des escaliers mécaniques en Belgique, en Allemagne, au Luxembourg et aux Pays­Bas, en violation flagrante des règles européennes de concurrence".



Impliqué uniquement aux Pays-Bas, le japonais Mitsubishi devra lui aussi payer une amende, mais beaucoup moins forte, de 1,8 million d'euros.



"Il est scandaleux de constater que les coûts de construction et d'entretien de bâtiments, y compris d'hôpitaux, ont été artificiellement gonflés par ces ententes", s'est indignée la commissaire à la Concurrence, Neelie Kroes.



"Le préjudice occasionné par cette entente durera de nombreuses années, car celui­ci a porté non seulement sur la fourniture initiale, mais également sur l'entretien ultérieur des ascenseurs et des escaliers mécaniques: il faudrait que, pour ces sociétés, le souvenir laissé par cette amende dure tout aussi longtemps", a-t-elle poursuivi.



Selon l'exécutif européen, cette entente pourrait produire des effets "pendant vingt à cinquante ans", l'entretien étant souvent assuré par les sociétés ayant initialement installé l'équipement.