Mieux détecter la présence de résidus de médicaments dans l’eau : La première norme sur la bonne méthodologie de dépistage vient de paraître.

Par Bernard M.
Publié le 19 avril 2013 à 10:52

Elle a été élaborée par une centaine d’acteurs de l’eau* sous l’égide d’AFNOR

Elle a été élaborée par une centaine d’acteurs de l’eau* sous l’égide d’AFNOR Une étude sur la qualité de l’eau, publiée en mars 2013 à l’initiative de l’association France Liberté et de 60 millions de consommateurs, a dévoilé les résultats d’analyses prouvant des traces de pesticides et de médicaments dans certaines eaux en bouteilles. Une des préconisations de l’étude est claire : La liste actuelle des polluants réglementairement contrôlés est en-deçà de la réalité des contaminations et les évolutions rapides de notre société de consommation semblent parfois rendre nos normes obsolètes. Leur remise à plat doit aller de pair avec une évaluation des nouveaux outils de mesure de la qualité de l’eau, et une amélioration des connaissances sur l’exposition à long terme aux faibles doses de certains polluants. La nouvelle norme expérimentale XP T 90-223 va dans ce sens. Elle détermine une méthode générale de dosage de certains médicaments et métabolites contenus dans des échantillons d'eaux destinées à la consommation humaine, aux eaux souterraines et aux eaux de surface en utilisant une technique de chromatographie. La norme est un outil utilisable par tous, laboratoires, entreprises, institutionnels, acteurs de la santé, villes et collectivités, associations de consommateurs, ONG… qui ont besoin de vérifier de manière efficace la présence de traces de médicaments dans l’eau. Des molécules en perpétuelle mutation La norme XP T 90-223 est dite « expérimentale » car elle est mise à l’épreuve par les acteurs socio-économiques qui en évaluent la pertinence et l’applicabilité. Par ailleurs, cette démarche étroitement liée à l'application de la Directive Européenne Cadre sur l'Eau (DCE) pour la détermination et la maitrise de la qualité des eaux en France, est amenée à évoluer selon les techniques analytiques et la liste des molécules ciblées, dont l’effet cocktail est difficile à maîtriser. À l’issue d’une période qui ne peut excéder 3 ans, la commission de normalisation décidera de réviser la norme expérimentale, d’en prolonger une fois la période d’expérimentation, de l’homologuer (devenir une norme NF) ou de la supprimer. *Quelques-uns des grands acteurs de l’eau, membres de la commission qui ont participé à la création de la norme XP T 90-223, parmi lesquels on peut citer par exemple : la Direction Générale de la santé, ANSES, INERIS, ONEMA, Eau de Paris, Suez Environnement, Veolia, Nestlé Water management, Sanofi, l’Ifremer, l’Université d’Angers, de nombreuses villes, des laboratoires d’analyses, des hôpitaux publics, des collectivités locales… Plus de cent organismes se sont impliqués. Qu'est-ce qu'une norme volontaire ? Une norme est un document de référence publié par AFNOR, faite de manière itérative et collaborative avec le concours actif des professionnels fédérés de manière représentative (industriels, consommateurs, associations, syndicats, collectivités locales…). Une norme fournit des principes et des exigences pour une activité ou ses résultats. Créée sur demande des acteurs d’un marché ou d’un secteur d’activité et après étude d’AFNOR, elle est le consensus entre l’ensemble des parties prenantes concernées. 33 000 normes volontaires sont aujourd’hui en vigueur. Seules 1% sont rendues obligatoires par la réglementation. Revues systématiquement et a minima tous les cinq ans pour lutter contre toute obsolescence, les professionnels décident leur maintien, mise à jour ou annulation. Sur les 1950 nouveaux documents publiés en 2011, 1220 étaient des révisions. 2000 normes sont retirées chaque année des collections.