Mobilisation pour les examens universitaires

Par Bernard M.
Publié le 11 avril 2006 à 17:47

Après le temps des conflits voici venir le temps des examens. Si Gilles de Robien confirme que les examens sont encore possibles, les universités doivent s'organiser

La crainte de voir compromis les examens de fin d'année après les blocages anti-CPE mobilise facultés, lycées, étudiants et parents d'élèves.

Pour certains élèves notamment ceux de Terminale, plusieurs semaines sont à rattraper pour un bac au 12 juin. Même chose pour les Premières qui passent bientôt le bac français et les Troisièmes qui passent le Brevet des Collèges.



Alors beaucoup de parents ont recours aux cours de soutien privé qui enregistrent depuis le début des grèves des piques de fréquentation notamment sur leur site internet. Les stages de Pâques sont complets.



Mais la solution reste coûteuse : 30 euros de l'heure. Les alternatives gratuites sont l'envoi aux lycéens par certains enseignants de polycopiés des cours manqués ou la consultation d'un site internet fraîchement créé pour les révisions du bac et l'orientation universitaire (www.reussite-bac.com).



Et ne concernent pas les étudiants qui comptent eux sur leurs universités pour le rattrapage des cours. Celui-ci se fait au cas par cas, les situations étant très hétérogènes d'une université à l'autre. Certains établissements, comme Dauphine à Paris, ont à peine été touchés comparés à Rennes II, où les cours n'ont pas eu lieu depuis le 7 février ou la Sorbonne, fermée depuis cinq semaines.



De plus, les besoins divergent aussi d'une filière à l'autre, les disciplines scientifiques étant plus difficiles à rattraper, car elles supposent des travaux pratiques dans des laboratoires.



La détermination à organiser les épreuves coûte que coûte avec les exigences habituelles pour ne pas discréditer les diplômes fait fleurir les initiatives. L'internet est la plus accessible, avec possibilité de télécharger des cours, d'interroger l'enseignant par mail, de communiquer avec les autres étudiants.

Les professeurs se sont mobilisés pour donner des cours de rattrapage gratuits le week-end et pendant les vacances de printemps. Depuis le début des blocages, certains poursuivent leur enseignement dans des cafés.



Toutefois et malgré cette bonne volonté, plusieurs présidents d'université doutent de la capacité des étudiants à rattraper les cours perdus. Ils craignent des "examens au rabais" et réclament la validation des douze semaines de cours que compte normalement le deuxième semestre.



A l'appel du premier vice-président de la Conférence des présidents d'université (CPU) Yannick Vallée, les examens ont été reportés de plusieurs semaines dans certaines facultés comme Paris X et VI. Non sans inconvénients, relèvent des étudiants qui craignent de perdre des stages ou emplois d'été, de rater les inscriptions dans les IUFM ou d'être exclus des échanges universitaires avec l'étranger.