Mort annoncée du billet d'avion en papier
Publié le 29 décembre 2005 à 10:25
Le bon vieux billet d'avion en papier n'a plus au maximum que deux ans à vivre avant d'être définitivement remplacé par le ticket électronique
Cette évolution devrait faire économiser des milliards aux compagnies aériennes.
Aujourd'hui, 38% des billets vendus dans le monde le sont via l'internet et l'Association internationale du transport aérien (Iata) souhaite que ses 265 compagnies membres atteignent le chiffre de 100% d'ici deux ans au plus tard.
Cet objectif est une obligation. Chaque année, nous imprimons environ 350 millions de billets. Nous n'en imprimerons plus un seul courant 2007, assure Giovanni Bisignani, le directeur général de l'Iata, dont les compagnies assurent environ 90% du trafic mondial de passagers.
La disparition du support papier doit permettre à elle seule au secteur d'économiser trois milliards de dollars par an, tandis que la généralisation de l'électronique pour l'enregistrement des passagers ou le traitement des bagages et du fret rapporterait encore plus.
A l'avenir, l'Iata espère voir disparaître les files d'attente aux comptoirs d'enregistrement, tandis que l'apparition des vignettes électroniques collées sur les valises devraient réduire le nombre de bagages perdus.
Mais certaines régions du monde risquent d'avoir plus de mal que d'autres à atteindre l'objectif de l'Iata, comme le reconnaît M. Bisignani. L'Europe et les Etats-Unis sont largement en tête, avec plus de la moitié des billets d'avion vendus via l'internet. La proportion tombe à 39% en Afrique, du fait principalement de quatre compagnies, à 11% en Asie du Nord et à 2% au Moyen-Orient.
La réservation directe a modifié le paysage commercial pour les compagnies aériennes établies, en butte à la concurrence de leurs rivales à bas coût comme EasyJet ou RyanAir, qui offrent depuis le départ leurs billets exclusivement sur la toile.
L'internet a permis de réduire les coûts des compagnies, mais il a aussi aiguisé la concurrence par les prix et entamé les rendements, observe le directeur de la Sita, Ian Ryder.
Après l'introduction des bornes d'enregistrement électroniques par certaines compagnies dans les aérogares, le secteur aérien travaille à la mise en place de normes techniques communes qui permettraient aux aéroports d'installer le même équipement pour tous les transporteurs.
Quant à l'enregistrement direct depuis chez soi via l'internet, il devrait faire son apparition l'an prochain, d'après la Sita.