Négociations de la 'dernière chance' pour les médecins généralistes
Publié le 02 mars 2007 à 21:05
Syndicats de médecins et assurance maladie se réunissent vendredi pour une négociation de "la dernière chance" sur une hausse du tarif des généralistes, dans un climat alourdi par la menace des praticiens d'organiser une journée d'action s'ils n'obtiennent pas gain de cause.
L'assurance maladie (Uncam) et ses trois syndicats médicaux partenaires - CSMF, SML et Alliance - ont déjà mené plusieurs séances de négociation sans parvenir à tomber d'accord sur le montant et le calendrier de la revalorisation.
Les médecins militent pour une consultation à 23 euros (contre 21 euros actuellement) avant la fin de l'année, alors que l'assurance maladie veut la limiter à 22 euros en 2007, avant une éventuelle nouvelle hausse en 2008.
Pour eux, puisque la médecine générale est reconnue cette année comme une spécialité médicale à part entière, la consultation des généralistes doit être alignée dès 2007 sur celle des spécialistes, à 23 euros.
"C'est la négociation de la dernière chance, les médecins ont respecté leurs engagements d'économies, en limitant par exemple les prescriptions d'arrêts de travail et en développant les médicaments génériques, c'est désormais à l'assurance maladie de respecter les siens", estime Michel Chassang, président du premier syndicat de médecins, la CSMF.
"Le principe d'une journée d'action nationale est d'ores et déjà arrêté en cas d'échec de la négociation", met-il en garde.
Les syndicats médicaux pourraient ainsi rééditer le bras de fer tarifaire qu'ils avaient mené en 2002, année d'élection présidentielle également, où ils avaient obtenu, au terme de huit mois de négociations très tendues, la revalorisation de leur consultation de 17,53 euros à 20 euros.
MG-France, le premier syndicat de généralistes, mais qui ne fait pas partie des syndicats habilités à négocier avec l'Uncam, a envoyé jeudi une lettre aux 54.000 généralistes pour leur conseiller de demander leur requalification en spécialistes auprès des conseils départementaux de l'Ordre des médecins et d'appliquer les tarifs des spécialistes.
Ces tensions apparaissent au moment où un sondage Ipsos commandé par un collectif d'usagers de la santé (CISS), révèle que 8% des Français ont un jour été confrontés à une demande de "dessous de table" de la part d'un médecin.
41% disent avoir dû payer un dépassement d'honoraires - légal lui - au cours des trois dernières années.