Nicolas Sarkozy et la violence scolaire
Publié le 27 janvier 2006 à 09:32
" L'école de la République, ce n'est pas l'école des insultes, des menaces et du racket "
Dans la lutte contre la délinquance, «il y aura une seule loi d'ici à mars, un texte cohérent que chacun des ministres concernés soutiendra».
De la création, la semaine dernière, d'un comité interministériel pour porter cette initiative, Nicolas Sarkozy veut surtout retenir qu'il en est le «coordinateur».
Sa priorité demeure la «réforme de l'ordonnance de 1945» sur les mineurs, parce que, soutient-il, «la situation d'impunité est devenue intolérable».
Les chiffres, qu'il livrait hier, laissent apparaître qu'en 2005, 42% des auteurs de vols avec violence, 56% des auteurs de vols de deux-roues et 51% des auteurs de vols à la tire interpellés étaient des mineurs. Ceux-ci ont également commis 25% des agressions sexuelles.
Nicolas Sarkozy est revenu sur la nécessité, selon lui, d'une présence policière dans les établissements scolaires. Il préconise, si la demande se fait sentir, d'éloigner le mineur dans un internat adapté et le développement du travail d'intérêt général.
Autre proposition : «Pour les infractions passibles d'une amende maximale de 750 euros, telles que les menaces de dégradations, les tags, les violences légères, les injures contre un professeur, l'absentéisme scolaire, les fraudes dans les transports, il faut étendre aux mineurs la possibilité de classement sans suite mais sous conditions.»
Et contre les violences scolaires, le ministre de l'Intérieur se veut intraitable : «Je ne resterai pas passif face aux 80 000 actes de violence qui ont été signalés l'année derrière, dans les collèges et les lycées ! Je ne me résous pas aux 12 000 incidents dont les enseignants furent la cible ! L'école de la République, ce n'est pas l'école des insultes, des menaces et du racket.»
Il propose dès le plus jeune âge l'institution d'un «véritable carnet de développement de l'enfant qui le suivra de sa naissance à sa vie adulte», non pour «ficher les jeunes», mais «pour leur donner une chance d'être pris en charge».
Pour les faits graves, la comparution immédiate, aujourd'hui applicable aux seuls adultes, doit pouvoir s'étendre aux mineurs, selon le ministre. Il rappelait hier à l'envie que «80% des mineurs sanctionnés à leur premier délit ne récidivent pas».