Nicolas Sarkozy et le CPE

Par Bernard M.
Publié le 22 mars 2006 à 14:19

Dans une interview à l'hebdomadaire Paris Match, à paraître jeudi, Nicolas Sarkozy n'hésite pas à afficher ses différences avec Dominique de Villepin mais exclut pour le moment son départ du gouvernement malgré certaines rumeurs

Dans une interview à l'hebdomadaire Paris Match, à paraître jeudi, le numéro deux du gouvernement souligne le danger que l'effervescence lycéenne et étudiante contre le CPE "ne réveille l'agitation dans les banlieues".

Il prône une plus grande écoute des anti-CPE et précise : "La sagesse serait que chacun se retrouve sur une expérimentation de six mois". Bref, à l'opposé de son Premier Ministre.



Et de poursuivre : "s'il y a incompréhension, c'est que nous n'avons pas assez dialogué. Il faut donc rattraper le temps perdu. Il ne faut pas se crisper", souligne Nicolas Sarkozy.

Il propose donc de "s'orienter vers une expérimentation" du CPE, une solution qu'il aurait formulée dimanche à Dominique de Villepin et lundi à Jacques Chirac, selon Le Monde.

"Expérimentons, évaluons de bonne foi avec les organisations syndicales, avec les organisations étudiantes. A ce moment-là trois solutions, soit ça marche et dans ce cas-là on le garde. Soit ça ne marche pas et il est évident qu'on devra faire autre chose. Soit ça ne marche qu'à moitié et alors on le modifie. Et ainsi personne ne perd la face", explique-t-il.



Les quotidiens Le Parisien puis Le Monde avancent mercredi que le ministre de l'Intérieur n'écarte aucune

hypothèse, pas même son départ du gouvernement, pour ne pas se laisser entraîner dans l'éventuelle défaite du Premier ministre. Mais Nicolas Sarkozy dément et affirme à Paris Match que telle n'est pas son intention. "On ne quitte pas un gouvernement sur une décision d'opportunité. On ne peut éventuellement le quitter que sur un désaccord de fond", explique-t-il.



Il réaffirme que son départ sera "une décision collective" prise avec le Premier ministre et le président de la République et que le moment où l'UMP choisira un candidat pour l'Elysée "se situe en janvier 2007".

"Je suis solidaire tout en étant différent ou si vous voulez je suis différent tout en étant solidaire", avance-t-il dans Paris Match.



En qualité de ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy souligne avoir à gérer la contestation étudiante et lycéenne dans la rue dans "des conditions particulièrement difficiles".

"Il y a un danger que cette effervescence lycéenne et étudiante réveille l'agitation dans les banlieues qui restent extrêmement tendues. Personne ne croit qu'en trois mois les choses aient pu se régler en profondeur", dit-il.