Non, la fiscalité écologique n'accélérera pas la désindustrialisation de la France !

Par Bernard M.
Publié le 08 avril 2013 à 11:02

La Fondation Nicolas Hulot réagit à la parution de l’étude du Think tank Coe-Rexecode sur la fiscalité carbone. Son interprétation trop rapide et caricaturale ne prend pas en compte l’utilisation positive des recettes et l’impact très bénéfique de la transition énergétique sur l’emploi.

La Fondation Nicolas Hulot réagit à la parution de l’étude du Think tank Coe-Rexecode sur la fiscalité carbone. Son interprétation trop rapide et caricaturale ne prend pas en compte l’utilisation positive des recettes et l’impact très bénéfique de la transition énergétique sur l’emploi. Arrêtons de faire peur avec la transition énergétique et la fiscalité écologique ! La fiscalité écologique peut être mise en place en préservant la compétitivité des entreprises. Laisser croire le contraire est volontairement caricatural. Coe-Rexecode a choisi de communiquer sur des chiffres catastrophiques car issus de scénarios qui ne prennent pas en compte l’utilisation positive des recettes pour l’économie. Notamment, dans l’hypothèse ou la fiscalité carbone serait mise en place pour financer le Crédit d’Impot Comptétitivité Emploi (CICE), il faudrait en intégrer les effets positifs dans la modélisation. L'étude de Coe-Rexecode montre d'ailleurs que le choix des mesures de redistribution joue un rôle positif pour tous les secteurs et met en débat quelques pistes comme des mesures sectorielles pour aider les industries les plus exposées. C'est là-dessus qu'il faut débattre, pas sur des messages caricaturaux comme ceux indiqués dans la synthèse de l'étude : "une taxe carbone entrainerait une hausse des coûts de production, des effets récessifs et inflationnistes et une accélération de la désindustrialisation". Par ailleurs, l'étude de Coe-Rexecode ne prend pas en compte l'impact macro-économique très positif que créera la transition énergétique par le développement des nouvelles filières, notamment dans le bâtiment durable et les énergies renouvelables. Le CNRS a montré très récemment que l'on pouvait l'estimer à une création nette d'emplois de 220 000 ETP en 2020 et 610 000 ETP en 2030. Un effet expansif oublié dans l'étude Coe-Rexecode et pourtant essentiel pour notre économie et nos entreprises !