Nouveau coup dur pour la lutte contre le cancer

Par Bernard M.
Publié le 21 juin 2006 à 11:16

Un an après sa création, l'Institut national du cancer fait l'objet d'un rapport d'audit à charge

"Un audit accable l'Institut national du cancer", affirme Le Parisien dans son édition de mardi.

L'Inca "se voit sévèrement critiqué par un rapport d'audit du Contrôle général économique et financier de Bercy", renchérit Le Monde. Le document en question a été remis aux ministères de tutelle (Santé et Recherche).



C'est un coup dur pour l'organisme, qui a été lancé en mai 2005 dans le cadre du plan Cancer, un des grands chantiers de la présidence Chirac.

Selon Le Parisien, le rapport indique que "l'organisation des instances et surtout leur conduite, comme l'animation des équipes, n'ont pas été à la hauteur des enjeux et des difficultés de la lutte contre le cancer".



Evoquant des "tensions" entre l'Inca et d'autres organismes du cancer, les rapporteurs estiment qu'une "gouvernance renouvelée est nécessaire pour conduire cette stabilisation".



Toujours selon le quotidien, le document dénonce "des recrutements par des liens de parenté". Egalement pointés du doigt : les appels d'offres lancés par l'Inca et la rémunération de ses dirigeants, l'un des directeurs bénéficiant d'un salaire dont le niveau se situe "hors des pratiques usuelles des organismes publics". Enfin, le rapport souligne que l'Institut "n'assume pas son rôle de proximité avec les patients". Un comble !



Devant l'ampleur des révélations, les ministères de tutelle ont rappelé mardi qu'ils avaient demandé cet audit, conjointement avec le professeur David Khayat, président de l'Inca. Ce dernier avait été accusé d'enrichissement personnel et l'Inca de "dépenses somptuaires" dans le cadre d'une "lettre anonyme distribuée au début du mois de mars dernier". Des accusations que le rapport, "réfute de manière claire et sans ambiguïté", assurent les ministères.



Ce rapport confirme que "je n'ai rien à me reprocher", a commenté le Pr Khayat, rappelant que toutes les dépenses sont visées par la tutelle et que lui-même ne bénéficiait ni d'une rémunération, ni d'une voiture de fonction. En ce qui concerne le recrutement par liens de parenté, le rapport évoque "trois cas de parentés sur 180 personnes", a-t-il ajouté.



Le président de l'Inca a rappelé qu'il partirait "tranquillement avant la fin de l'année", comme il l'a annoncé à plusieurs reprises. "Ce qui est étonnant, c'est la bassesse des attaques", a encore déclaré le cancérologue que Le Parisien décrit comme un "fonceur brillant mais qui a suscité des inimitiés solides dans le monde de la cancérologie".