Peugeot arrête la fabrication en Grande-Bretagne

Par Bernard M.
Publié le 19 avril 2006 à 10:03

Le groupe automobile français met en avant des coûts de production plus élevés qu'ailleurs pour annoncer la fermeture de l'usine anglaise de Ryton, sa seule implantation britannique



La Grande-Bretagne est devenue trop chère pour PSA Peugeot Citroën. Le groupe automobile français va fermer son usine de Ryton, près de Coventry, mettant ainsi fin à une implantation britannique qui remontait à 1978, date de son rachat à Chrysler.



Annoncée mardi, cette fermeture entraînera la suppression de 2.300 emplois. Elle devrait se dérouler en deux étapes : passage de deux à une équipe en juillet 2006 puis arrêt définitif de la production avant la fin du premier semestre 2007.



Le site, qui fabriquait la 206, n'a pas été retenu pour assembler la 207, commercialisée depuis ce printemps, toujours à cause des coûts plus élevés qu'ailleurs en Europe, selon le communiqué.

Des coûts de production mais surtout de logistique car « non seulement la majorité des fournisseurs n'est pas implantée en Grande-Bretagne et nous envoie les pièces mais nous exportons 70% de la production vers le reste de l'Europe » a expliqué un porte-parole du groupe. Au final, produire une Peugeot 206 à Ryton coûtait, selon lui, « 400 euros plus cher qu'à Poissy ou à Mulhouse ».



Un audit de l'outil industriel européen de Peugeot, réalisé au début 2006, a confirmé ces faiblesses et conduit à cette décision drastique. Corroborée par le fait que la production de Ryton n'a cessé de baisser : elle devrait atteindre 107.000 voitures en 2006, après 129.600 unités en 2005 et 209.600 en 2003.



Confronté par ailleurs à « un marché européen difficile et une concurrence intense », Peugeot a donc choisi de quitter purement et simplement la Grande-Bretagne, alors qu'il s'était contenté de réduire la production dans certains de ses autres sites européens, à la fin 2005.



Pour la construction automobile britannique, le retrait de Peugeot constitue un nouveau coup dur après la faillite de MG Rover en 2005 et la suppression de près de 6000 emplois et la réduction de la production et des effectifs en 2004 chez Ford.