Plan de développement 2009-2013 de l’agriculture biologique en Ile-de-France : multiplier par trois les surfaces bio

Par Bernard M.
Publié le 22 juin 2009 à 10:24

Le constat : une sous représentation de l’agriculture biologique en Ile-de-France (84 agriculteurs pour 12 millions de consommateurs…) en dépit d’attentes fortes et croissantes des consommateurs en produits sains, respectueux de l’environnement, et des pouvoirs publics pour qui l’agriculture biologique est la forme de production la plus respectueuse de la qualité de l’eau et de la biodiversité.

Le constat : une sous représentation de l’agriculture biologique en Ile-de-France (84 agriculteurs pour 12 millions de consommateurs…) en dépit d’attentes fortes et croissantes des consommateurs en produits sains, respectueux de l’environnement, et des pouvoirs publics pour qui l’agriculture biologique est la forme de production la plus respectueuse de la qualité de l’eau et de la biodiversité. Jean-Paul Huchon et Michel Vampouille ont donc fait voter par les élus régionaux (POUR : tous les groupes, sauf ABS : FN et Centre) un Plan de développement de l’agriculture bio, avec l’objectif de multiplier par 3 sur 3 ans, et au minimum par 10 pour 2020 les surfaces consacrées au bio.

La Région souhaite également accélérer la proposition de produits biologiques dans les cantines de ses 480 lycées publics d’Ile-de-France, sachant qu’aujourd’hui un dispositif-pilote est en cours dans 25 lycées.



Cibles

Les agriculteurs : favoriser les installations en bio et développer les conversions des agriculteurs



Avant l’installation



- la formation : dans les lycées agricoles, très peu de cours sont dispensés sur le bio. L’Etat et la Région s’engagent donc à augmenter les cours pédagogiques sur ce thème d’ici 2012, dans le public comme dans le privé, voire à proposer une formation spécifique, diplômante.



- l’aide à l’émergence et à la consolidation des projets : La Région va poursuivre son soutien aux associations comme le réseau des AMAP, Terres de liens, le GAB qui sensibilisent et apportent une expertise aux futurs agriculteurs



- favoriser l’installation : les agriculteurs biologiques seront prioritaires dès qu’une opportunité foncière se présentera, notamment sur les propriétés régionales gérées par l’Agence des Espaces Verts. Cette démarche proactive, accompagnée d’un soutien aux organismes accompagnant les candidats à l’installation (comme le réseau des AMAP, le GAB, l’ARASEA ou les Jeunes Agriculteurs par exemple), est indispensable pour que ces projets puissent s’imposer dans le contexte actuel, plus enclin à l’agrandissement ou à l’installation en conventionnel dans le cadre familial.

De plus, une majoration de 5 000 euros est proposée aux agriculteurs biologiques (dispositif régional ATREA, appui à la transmission-reprise des exploitations agricoles)

De plus en plus de communes veulent installer sur leur territoire de l’agriculture Bio, et notamment des maraîchers, afin de répondre à la demande des habitants de disposer de circuits courts et leur souhait de préserver les captages d’eau potable. Un inventaire du foncier disponible auprès de tous les maires d’Ile de France va être réalisé. Pour les communes en territoire périurbain, la Région les accompagnera de manière prioritaire sur les achats de parcelles, l’aménagement des terres et la construction du bâti agricole.



La conversion : les agriculteurs installés sont les principaux gestionnaires de l’espace et représentent le plus gros potentiel de développement de surfaces en agriculture biologique. Ce sont eux qui devront être convaincus que l’agriculture biologique est une voie d’avenir. Pour cela, le Plan insiste sur l’attractivité des aides afin d’encourager les agriculteurs à faire ce choix de production plus respectueux de l’environnement et créateur d’emplois :



- Les aides aux investissements : PREVAIR, PRIMHEUR pour l’achat de matériels sont bonifiées pour les Bios et les plafonds d’aides sont augmentés. Des aides à la diversification, qui peut être une première étape vers la conversion totale de l’exploitation, sont également apportées.

- L’aide au maintien de l’agriculture biologique (aide annuelle à l’hectare d’un montant total de 700 000 € en 2009) attribuée depuis 2005 aux agriculteurs biologiques va être évaluée en concertation avec les agriculteurs afin d’optimiser son renouvellement en 2010.

- Les conseils technico-économiques financés par la Région aux chambres d’agriculture et l’institut régional de l’élevage vont être renforcés pour accompagner les nouveaux agriculteurs en conversion.





Les filières et marchés

Afin de développer l’approvisionnement régional et limiter à terme les importations de denrées biologiques pouvant être produites dans notre région, l’accent est mis sur la création de filières régionales valorisant les cultures présentes ainsi que sur la création de nouveaux produits.

Celles-ci pourront être un moteur pour les conversions en agriculture biologique de producteurs qui trouveront des débouchés assurés. Ainsi, pour compléter le pain Bio d’Ile de France, qui malgré une consommation en forte hausse ne permet pas d’écouler toutes les céréales bios produites dans la région, une galette bio régionale va être proposée aux consommateurs.

Une filière lait va également être organisée pour permettre le développement de l'élevage, trop peu représenté en Ile-de-France et important dans les systèmes biologiques.



La recherche

L’agrobiologie a été trop longtemps délaissée par les instituts de recherche ce qui a ralenti la capacité d’innovation de ce mode de production. Pourtant, de nombreux axes sont à explorer pour résoudre les problèmes techniques, toutes avancées qui profiteront à l’agriculture conventionnelle dans son devoir de réduction de 50% de l’utilisation de pesticides.

La Région a décidé de prioriser le Bio dans les projets de recherche qu’elle finance dans le cadre des DIM (Domaines d’Intérêt Majeur). Aussi en 2009, deux doctorats et poste doctorats sur le bio seront fiancés par la Région.

Ces travaux de recherche viendront s’ajouter aux expérimentations déjà soutenues par la Région pour répondre aux questions concrètes des agriculteurs.

Ce pôle d’expérimentation, recherche et innovation devrait être renforcé avec la volonté de mettre en place à court terme une plateforme de recherche et d’échange dédiée à l’agriculture biologique.



Les actions en faveur de l’agriculture biologique présentées dans ce plan ont un coût pour la Région Ile de France estimé à plus de 3 millions d’euros par, an soit plus de 15 millions d’euros sur la durée du plan.