Plateau des Guyanes, coopération forestière régionale : 1 million d’euros pour contribuer à la réduction des gaz à effet de serre
Publié le 21 février 2013 à 09:18
Le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) et l’Office national des forêts (ONF) accompagnent le développement des compétences des services forestiers des pays du Plateau des Guyanes, pour fournir des outils d’aide à la décision politique locale sur les mécanismes REDD+ ₁
L’ONF et le FFEM, représenté par l’Agence Française de Développement à Cayenne, ont signé une convention de financement de 1 million d’euros pour la mise en œuvre d’un programme forestier dans les pays du Plateau des Guyanes visant à réduire leurs émissions de carbone. Sont concernés le Guyana, le Suriname et le Brésil (Etat d’Amapá), la France au travers de la Guyane. Il s’agira pour l’ONF Guyane, chef de file du programme, de renforcer les capacités techniques des pays tout en privilégiant la coopération régionale des services forestiers. Le programme associera les acteurs de la recherche, les ONG, la représentation des communautés indigènes et les bailleurs. A travers une plateforme technique régionale de dialogue et d’échanges d’expériences, ce programme constituera un cadre favorable pour une approche combinée du développement des territoires et de la question carbone en cohérence avec le mécanisme REDD+2. L’idée est de valoriser le capital environnemental que représente le Plateau des Guyanes en prenant en compte son potentiel carbone forestier. L’ONF mettra à disposition ses outils méthodologiques et son savoir-faire pour le renforcement des inventaires forestiers, le suivi des émissions de gaz à effet de serre et du stockage de carbone dans la zone, ainsi que l’identification des vecteurs de déforestation et de dégradation des forêts. Les enjeux sont importants : les pays du Plateau des Guyanes possèdent un territoire recouvert d’une forêt tropicale humide, véritable réservoir de carbone et d’une biodiversité exceptionnelle. Ces pays sont les garants, aux yeux de la communauté internationale, d’un patrimoine d’une valeur mondiale. Des outils d’aide à la décision politique locale En plein essor économique et démographique, ces pays sont soucieux de conduire leur développement de manière durable. Les décideurs politiques souhaitent disposer de données leur permettant de combiner l’aménagement du territoire et les mécanismes carbone, et de bénéficier de revenus issus des ventes de certificats de réduction d’émission. Plus précisément, le financement du FFEM contribuera à définir un cadre de coopération pour mettre en commun les données et les méthodologies d’inventaires carbone. Le projet devra permettre de quantifier et d’analyser dans chaque pays les facteurs de déforestation, en vue d’une diffusion transnationale. Enfin, sera établie une modélisation des scénarios de développement et d’opportunités d’évitement d’émissions de carbone issu des forêts. Les décideurs politiques seront dotés d’outils techniques, juridiques et administratifs, leur ouvrant la possibilité de bénéficier du mécanisme REDD+. Un concours à l’environnement mondial et au développement local Le financement du FFEM s’inscrit dans le cadre des engagements pris par la France, en matière de REDD+ à la suite de la 15e Conférence des Parties sur le Climat, tenue à Copenhague en 2009. Ce programme vient améliorer la capacité de stockage du carbone et réduire la déforestation dans une zone d’intérêt majeur en matière de biodiversité. Ce programme associera les populations locales, impliquées pour la mise en œuvre et la collecte des données, ainsi qu’à différentes étapes du programme. ₁ REDD+ : Réduction des Emissions de gaz à effet de serre provenant de la Déforestation et de la Dégradation des forêts. 2 Le mécanisme REDD+ a vocation à répondre à l’urgence de la déforestation, par la rémunération des pays pour la non déforestation, en les aidant financièrement pour des actions de lutte contre le déboisement et la dégradation des forêts ou de mise en place d’une gestion durable des forêts. C’est un mécanisme national dont le développement est prévu en trois phases : préparation, mise en œuvre des actions et paiements en fonction des résultats. La préparation au mécanisme est primordiale, notamment pour donner aux pays la capacité technique et les outils indispensables à la planification, à la mise en œuvre et à l’évaluation des activités REDD+. Aujourd’hui, le partenariat REDD+ réunit plus de 70 pays forestiers et donateurs et a permis de mobiliser plus de 4 milliards de dollars de fonds Fast Start, destinés à encourager le développement d’activités REDD+ sans avoir à attendre les décisions de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) sur le système post-Kyoto.