Psychose dans les assiettes européennes
Publié le 17 février 2006 à 10:55
Par crainte du H5N1, la volaille disparaît des menus européens même si les scientifiques affirment qu'elle reste sans danger pour la santé humaine
Les Italiens sont les premiers à bouder la volaille dans leurs assiettes. La consommation a dégringolé "de 70% en deux jours seulement" après la découverte le week-end précédent du virus H5N1 sur des cygnes sauvages, créant "une panique collective injustifiée", s'est alarmé le syndicat d'éleveurs Fedagri.
Les entreprises du secteur perdent chaque jour 6 millions d'euros en moyenne et les pertes totales s'élèvent à 650 millions d'euros, estime la Confédération italienne des agriculteurs (Cia).
La Bulgarie a elle aussi connu un effondrement "catastrophique" de 50% de ses ventes de volailles et d'oeufs depuis l'apparition du virus chez ses voisins, la Roumanie et la Turquie, selon le président de la fédération des producteurs de volailles.
En Autriche, les clients semblent eux aussi se détourner de la volaille sur les marchés après la découverte du H5N1 sur deux cygnes morts dans le sud du pays.
En Slovénie, déclarée "zone à risques" après la découverte du H5N1 sur un cygne dans la région de Maribor, les producteurs de volailles pourraient perdre quelque 74 millions d'euros, selon des estimations du quotidien économique Finance.
Le recul des ventes est moins significatif en Belgique, en France ou en Espagne. En Belgique "il y a certainement eu une baisse de 20% depuis le début de l'année", selon la Fédération belge des détaillants en volailles.
En France, la baisse de la consommation est de 15%, voire 20% pour les volailles disposant de labels, selon la Fédération des industries avicoles (FIA). Les éleveurs français, craignant une nouvelle baisse après l'obligation de confinement général des volailles élevées en plein air, ont réduit de 20% la mise en production de nouvelles volailles, affirme Christian Marinov, directeur général adjoint de la Confédération Française Avicole (CFA).
En Espagne, Grande-Bretagne, aux Pays-Bas et en l'Allemagne, les consommateurs ne cèdent pas encore à la psychose.