Quand l'Espagne lutte aussi contre la précarité
Publié le 10 mai 2006 à 10:49
Le gouvernement espagnol a dévoilé des mesures destinées à réduire le nombre de contrats à durée déterminée (CDD), une réforme importante dans le domaine de l'emploi
L'ensemble des mesures ont été approuvées par les syndicats et la plupart des chefs d'entreprise. Elles devraient permettre à des centaines de milliers de personnes de transformer leur CDD en contrat à durée indéterminée (CDI).
Après deux ans de négociations, le projet de loi espagnol qui doit être voté en juillet comprend des mesures d'incitation à l'emploi adressées aux employeurs.
Car en Espagne, 5,3 millions travaillent sur la base d'un CDD, soit un tiers de la population active, la proportion la plus élevée de l'Union européenne.
L'Espagne a aussi longtemps détenu le record du taux de chômage le plus élevé de l'UE, avec 25% au début des années 1990, mais ce taux est aujourd'hui tombé à neuf pour cent.
Grâce aux nouvelles mesures, entre 1 et 1,5 millions de personnes devraient accéder à un CDI d'ici à 2007, selon les prévisions du ministre du Travail Jesus Caldera.
Toutefois les conditions permettant un changement de statut semblent sévères. Pour convertir automatiquement son CDD en CDI, l'employé doit prouver qu'il a travaillé pour la même entreprise et au même poste pendant plus de 24 mois sur une période de trente mois, sur la base de deux CDD ou davantage. Les autres employés devront négocier la requalification de leur contrat directement avec leur employeur sur la base du cas par cas.
Pour certains représentants des petites et moyennes entreprises (PME), il s'agit pourtant de mesures "superficielles et décevantes". Les PME affirment avoir besoin de la souplesse que leur offraient les CDD.
Les syndicats leur répondent que les CDD privent les employés de la sécurité à laquelle ils aspirent, leur sapent le moral et ralentissent finalement la productivité.