“RIO + 20” : l’heure du réalisme écologique ?
Publié le 20 juin 2012 à 10:13
En 1972, le Club de Rome puis la Conférence de Stockholm avaient souligné la limite des ressources terrestres. En 1992, le Sommet de la Terre organisé à Rio a consacré la notion de développement durable. La Conférence “Rio + 20” qui aura lieu en juin 2012 se doit d’être ambitieuse, d’autant que la nécessité d’initier un modèle de croissance respectueux de la Terre et des hommes ne fait désormais plus de doute. Le premier objectif est d’adopter une vision de l’économie verte dans le contexte du développement durable et de l’éradication de la pauvreté qui puisse servir de guide aux États, aux collectivités et aux citoyens, et notamment accélérer la transition énergétique indispensable pour espérer endiguer le changement climatique. Les débats ne pourront en outre éluder le sort des centaines de millions d’êtres humains qui n’ont pas accès aux ressources vitales. Deuxième point, il importe de relancer la dynamique adoptée à l’issue du Sommet de Rio, puis en 2000 avec les objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Des objectifs et indicateurs mondiaux du développement durable permettraient de donner des priorités claires à la communauté internationale, aux pays développés comme aux pays en développement. Le troisième sujet inscrit à l’agenda de “Rio 2012” vise à améliorer la gouvernance mondiale. Malgré les progrès enregistrés au fil de ses rendez-vous, la communauté internationale n’a pas jusqu’ici réussi à endiguer la dégradation des ressources environnementales. La réforme du système international devra adapter les institutions multilatérales à un contexte géopolitique qui a évolué depuis les années 1990, et aménager un rôle central à la société civile et à l’expertise scientifique. On peut donc considérer que la Conférence “Rio + 20” devra porter trois enjeux majeurs : • la définition d’une vision commune de l’économie verte et équitable, dans la lignée de la définition du développement durable à Rio en 1992 ; • la mise en place, à terme, de structures de gouvernance mondiale du développement durable et de l’environnement dans lesquelles la société civile et la communauté scientifique trouvent leur place ; • un accord sur le principe d’objectifs et d’indicateurs dédiés au développement durable valables pour l’ensemble des pays, prolongeant les objectifs du millénaire pour le développement et permettant notamment d’aborder des thèmes encore peu traités : lutte contre la désertification et la diminution des réserves halieutiques ; reconnaissance des enjeux environnementaux dans les échanges économiques ; droit des peuples à l’information sur l’environnement.