Recommandations de Marseille pour une économie verte

Par Bernard M.
Publié le 03 juin 2012 à 23:38

La région Méditerranée (22 pays et territoires riverains et la mer) est une région dont la stabilité et la prospérité dépendront largement de la mise en œuvre concertée de modes de développement intégrant les dimensions économiques, environnementales et sociales. C’est une écorégion parmi les principaux «sites critiques» de la biodiversité mondiale. Le stress hydrique, l’aridité au Sud, les risques naturels, les pressions des activités économiques y sont des contraintes fortes. Au total, les 22 pays et territoires riverains de la Méditerranée représentent : • 5,7% des surfaces émergées de la planète, • 6,9% de la population mondiale (sur ces 473 millions d’habitants, un quart a moins de 25 ans, et un quart des jeunes actifs de 15 à 24 ans sont au chômage), • 11,5% du PIB mondial (en PPA 2005), • 30% du trafic mondial de fret maritime, et 20 à 25% du transport maritime d’hydrocarbures, • 29,5% du tourisme international (278 millions de visiteurs), …et aussi : • 0,8% de la superficie des océans (seulement), • 7 % des espèces marines mondiales, • 7% des émissions de CO2 mondiales, • 10 % des espèces de végétaux supérieurs connues, • 60% de la population des pays “pauvres en eau” dans le monde. Ces Recommandations visent à promouvoir une économie verte dans la région Méditerranée, en contexte et soutien du développement durable et de la réduction de la pauvreté, et en saisissant les opportunités environnementales sources de croissance et de création d’emplois. Ces Recommandations sont destinées aux décideurs publics et privés des pays méditerranéens, au niveau national ou territorial, ainsi qu’à des personnalités influentes d’ONG ou d’institutions académiques. Elles sont aussi destinées à des institutions internationales (par exemple PNUE, PNUD, UNIDO, UNESCO, OCDE, CESAO, CEA, AFED, UE, REC, CMDD, WBCSD, UpM, CMI, OCEMO, PLAN BLEU, FEMISE), le Sommet de RIO+20, et les institutions financières (par exemple Banque Mondiale, BEI, BAD, BERD, donneurs bilatéraux). Etant donné le rôle anticipé des financements privés d’une économie verte en Méditerranée, elles doivent aussi être transmises aux investisseurs institutionnels privés (par exemple fonds de pension, gestionnaires de fortunes, partenaires de fonds de capital investissement, banques d’investissement). Enfin elles sont destinées aux citoyens. Le Groupe a pris en compte les expériences disponibles dans les pays riverains, ainsi que des documents mondiaux (par exemple: OCDE ‘Stratégie de Croissance Verte’,PNUE ‘Vers une Economie Verte’, RIO+20 ‘Le futur que nous voulons’), des documents régionaux (AFED ‘Green Economy-Sustainable Transition in a Changing Arab World’, PLAN BLEU ‘Vers une Economie Verte en Région Méditerranée’, Banque Mondiale ‘Rapport MED 2012’). Le Groupe a noté que les développements concernant l’économie verte ont été particulièrement suscités par les crises financières, économiques et sociales de 2008-2010, et la crise environnementale permanente, avec des préoccupations de court et long terme concernant la croissance, le développement durable, l’emploi et la réduction de la pauvreté, ainsi que les préoccupations de sécurité alimentaire et énergétique. Le Groupe reconnait la nécessité d’adapter les recommandations aux conditions spécifiques et variées des pays individuels, conditions institutionnelles, économiques, sociales, démographiques, environnementales. Le Groupe de Travail reconnait aussi les importantes variations de ces conditions à l’intérieur des pays. Le Groupe souhaite que ses efforts soutiennent l’importance donnée à l’économie verte par la Conférence RIO+20, y compris la réduction des impacts sur l’environnement, l’amélioration de l’efficience dans l’utilisation des ressources naturelles, et la préservation des stocks de ressources naturelles. Il considère l’économie verte comme une voie nécessaire, efficiente et réalisable en région Méditerranée, vers le développement durable et un avenir économique et environnemental commun.