Recyclage des appareils électroniques : le neuf doublement taxé
Publié le 15 novembre 2006 à 11:20
Réfrigérateurs, ordinateurs, téléphones portables devraient voir leur prix légèrement augmenter à partir du 15 novembre, avec la mise en place de la filière de recyclage des déchets d'équipements, électriques et électroniques (DEEE).
Les producteurs, désormais responsables de ce recyclage, mentionneront au bas de la facture le coût que représente pour eux l'élimination de ces équipements électriques et électroniques, a rappelé le ministère de l'Ecologie dans un communiqué mardi.
"Ainsi et pour la première fois, le consommateur sera informé de la part que représente la protection de l'environnement dans le prix de ses achats", a souligné le ministère.
Ce coût varie de un centime d'euro pour un téléphone portable, 1 à 8 euros pour un écran selon la taille et peut atteindre jusqu'à 13 euros pour un réfrigérateur.
Du côté des opérateurs, on s'attend à quelques difficultés au démarrage.
"Tout ne va pas se passer dans la bonne humeur et la félicité", estime Alain Grimm-Hecker, président d'Eco-Systèmes, un des éco-organismes chargés d'assurer ces opérations pour le compte des fabricants d'équipements.
Les fabricants d'appareils se sont répartis entre 4 éco-organismes auxquels ils vont verser une contribution pour assurer la collecte et le traitement des DEEE.
Pour autant, "il n'est pas évident que pour des montants très faibles, les prix bougent", fait remarquer Hervé Vanlaer, sous-directeur des produits et déchets au ministère de l'Ecologie.
En effet, si le coût de ce recyclage correspond "à une partie du prix du produit qui n'est pas négociable (...) le prix total du produit est négociable", précise-t-il.
"Il n'est pas évident que le neuf soit plus cher partout pour tous les équipements mais dans l'ensemble ça va plutôt aller à la hausse", estime-t-il.
Chez Darty, cependant, on se déclare décidé à jouer la transparence en répercutant au consommateur le coût supplémentaire de ce recyclage, sans rogner sur la marge.
Cette contribution, qui existe déjà dans d'autres domaines (comme les pneumatiques ou les emballages par exemple), est habituellement intégrée dans le prix de vente sans que le consommateur n'en ait conscience, fait-on remarquer au ministère de l'Ecologie.