Rénovation énergétique du bâtiment : il faut aller beaucoup plus loin que les mesures d’urgence

Par Bernard M.
Publié le 22 mars 2013 à 10:43

La fondation Nicolas Hulot pour la nature et l'homme estime, dans un communiqué, que les premières mesures annoncées ce jour par le Président de la République vont dans le bon sens mais sont loin de rendre possible la réalisation de l’engagement de 500 000 rénovations énergétiques par an. Le rythme actuel des travaux d’efficacité énergétique est en baisse et dépasse à peine les 100000 / an. La baisse de la TVA à 5 % accordée à la construction de logements sociaux, qui est une bonne nouvelle, aurait pu être étendue aux travaux de rénovation énergétique. Le bilan économique en aurait été positif : les moindres rentrées fiscales auraient été immédiatement compensées par l’activité économique générée. Le Président de la République a annoncé la mise en place pour deux ans d'une aide supplémentaire de 1 350 euros par opération, sous condition de ressources et qui concernerait jusqu’aux classes moyennes. Ce montant sera-t-il suffisant pour déclencher les rénovations lourdes ? Pour l’évaluer, il faudra suivre de près les réalisations dans les premiers mois d’application. Il faudra par ailleurs clarifier les moyens humains supplémentaires qui seront mobilisés pour accompagner les ménages notamment dans le cadre du guichet unique. Au-delà de ces mesures d’urgence, la Fondation Nicolas Hulot appelle le gouvernement à travailler à un plan global et cohérent . Cet après-midi lors de l’échange avec les Ministres en charge de l’écologie et du logement lors la séance du Conseil National de la Transition Energétique, la Fondation portera un ensemble de mesures dont les propositions phare suivantes : - L’affectation au financement de la rénovation énergétique des bâtiments de 5 à 10 Milliards d’€ de l’épargne supplémentaire obtenue grâce au relèvement des plafonds du Livret A et du LDD. - L’accélération de la mise en œuvre d’un nouvel outil financier de grande ampleur (banque de la rénovation énergétique), tenant compte de l’expérience allemande KfW, permettant notamment le tiers-investissement en visant une mise en œuvre dès début 2014 pour déclencher autour de 5 Milliards d’€ de travaux supplémentaires par an. - La création d’un droit à la rénovation pour les logements les plus consommateurs et pour les foyers en situation de précarité énergétique. - La mise en place progressive d’une obligation de travaux pour porter les logements à des niveaux de performances élevées. - La mise en œuvre d’un plan d’accélération des travaux sur le parc tertiaire public où la rénovation énergétique n’avance pas assez vite. La volonté politique peut pourtant rapidement s’y traduire en actes. Concernant le tertiaire privé, il est urgent de sortir enfin le décret sur l’obligation de travaux.