Saint Maur sous pression

Par Bernard M.
Publié le 04 juin 2006 à 13:23

Le préfet du Val-de-Marne a annoncé vendredi à Créteil qu'il lançait un projet d'intérêt général (PIG) sur une ZAC de Saint-Maur-des-Fossés pour contraindre le maire à y construire des logements sociaux

Le préfet Bernard Tomasini a signé vendredi un arrêté pour fixer "le principe et les conditions de réalisation d'une opération d'aménagement sur les terrains de la ZAC des Facultés de Saint-Maur destinée en particulier au logement des personnes à ressources modestes", a-t-il précisé lors d'une conférence de presse.



L'objectif est de contraindre la ville de Saint-Maur à rattraper son retard en matière de logements sociaux. Avec 5,4% de logements sociaux, la ville est très en-deçà du quota de 20% imposé par la loi solidarité renouvellement urbain (SRU) de 2000.



Le projet prévoit la construction d'une zone d'activité avec bureaux, commerces, espaces verts, collège, gymnase, 350 logements privés, 200 logements à loyers intermédiaires et 150 logements étudiants sur ces 6,6 ha de terrain où la mairie voulait créer un grand parc avec collège et gymnase.



"On est très surpris par la brutalité de cette procédure et on ne comprend pas pourquoi le préfet a pris cet arrêté pour se mettre en travers des projets de la mairie", a indiqué à l'AFP Jean-Bernard Thonus, premier adjoint de Saint-Maur.



Le maire de Saint-Maur, Jean-Louis Beaumont (divers-droite), avait adressé en mai au préfet un dossier de modification du plan d'occupation du sol de la ville pour créer, sur ce terrain qui appartient aux deux tiers à l'Etat et à la SNCF, son projet de parc.



D'après M. Tomasini, c'est la première fois en France qu'un préfet lance un PIG en matière de logements, cette procédure étant habituellement réservée aux chantiers d'intérêt général comme les autoroutes ou les voies de chemin de fer.



En décembre 2005, le préfet du Val-de-Marne avait pris des arrêtés à l'encontre de cinq villes du département, dont Saint-Maur, alourdissant les pénalités qu'elles payaient déjà faute de ne pas respecter le quota de 20% de logements sociaux imposé par la loi SRU.