Selon un rapport d’Accenture et du Forum économique mondial, les modèles d’approvisionnement et de consommation de l’énergie vont devoir changer en profondeur dans la plupart des pays pour accompagner
Publié le 21 juin 2012 à 13:47
Un modèle a été élaboré pour aider les décideurs à évaluer, planifier et accompagner la transition pour répondre aux besoins futurs en énergie
L’augmentation constante de la consommation d’énergie, qui devrait croître d’approximativement 40 % d’ici à 2035, va nécessiter une réorganisation en profondeur des infrastructures pour permettre aux pays de répondre aux enjeux de la croissance économique, du développement durable et de la sécurité énergétique, selon un rapport conjoint réalisé par Accenture et le Forum économique mondial. Intitulé New Energy Architecture: Enabling an Effective Transition, ce rapport fait observer que la transition vers les nouvelles infrastructures énergétiques destinées à garantir une énergie durable et bon marché, implique des compromis et des choix difficiles pour la société. Autre observation, les options retenues par les différents pays pour transformer leurs infrastructures présenteront des caractéristiques communes comme des systèmes efficients, décarbonés et de plus en plus électrifiés, mais varieront selon leur niveau de développement économique et les ressources dont ils disposent. « La taille et la complexité du secteur de l’énergie exige des autorités, du secteur privé et de la société civile qu’ils s’engagent activement dans un dialogue et dans la gestion de la transition énergétique, déclare Arthur Hanna, directeur général du secteur de l’énergie d’Accenture et membre du Global Agenda Council on New Energy Architecture du Forum économique mondial. Pour répondre aux enjeux liés aux modèles d’approvisionnement, de distribution et de consommation de l’énergie, les décisions ne peuvent être prises sans qu’aient été réalisés préalablement une analyse exhaustive et un bilan de la situation qui serviront de base de travail. » Accenture et le Forum économique mondial ont mis au point l’indice Energy Architecture Performance Index afin d’aider les décideurs à planifier cette transition énergétique et à les accompagner dans ce processus et ensuite d’évaluer les progrès accomplis. 124 pays ont ainsi été examinés dans trois domaines : croissance économique et développement, sécurité environnementale, accès à l’énergie et sécurité énergétique. Il en ressort que beaucoup reste encore à faire pour accélérer la nécessaire transition en vue de répondre à l’évolution de la demande et d’améliorer l’efficacité énergétique. L’évaluation met en lumière que si l’on observe une amélioration de l’efficacité énergétique dans la plupart des pays, la part de l’énergie décarbonée dans l’offre d’énergie primaire représente toujours moins de 5 % dans 69 d’entre eux. Dans un nombre étonnamment élevé de pays, les besoins énergétiques essentiels des citoyens ne sont toujours pas satisfaits : dans 31 pays, plus de 50 % de la population continue ainsi à avoir recours à des combustibles solides pour cuisiner. Roberto Bocca, directeur au Forum économique mondial, responsable des industries de l’énergie, déclare : « Jamais jusqu’à présent, nous n’avions connu une telle pression pour faire évoluer nos modèles d’approvisionnement, de distribution et de consommation de l’énergie. Les décideurs doivent comprendre de quelles manières leurs pays sont affectés par l’évolution des dynamiques et comment ils peuvent de facto contribuer à mettre en œuvre le changement nécessaire, car les choix qu’ils font détermineront la vitesse, la direction et le coût de la transition. » Le rapport contient deux études approfondies sur l’Inde et le Japon qui permettent de mettre en lumière les applications pratiques du modèle. L’étude sur l’Inde attire l’attention sur les défis posés par les goulets d’étranglement du côté de l’offre qui représentent pour le pays un risque considérable obérant sa croissance future. Les auteurs suggèrent que l’Inde envisage la création d’un organe unique de réglementation afin de soutenir l’expansion de son secteur des énergies renouvelables, promouvoir le développement d’un système de production et de distribution décentralisé afin d’élargir l’accès à l’énergie et rationaliser les prix de l’énergie à travers une suppression progressive des subventions. L’étude sur le Japon met en évidence la « crise de confiance » à laquelle est confronté le secteur de l’énergie suite à la catastrophe de Fukushima qui a frappé le pays l’an dernier. Le rapport suggère ainsi que le Japon étudie la possibilité de créer une agence de contrôle de la sûreté nucléaire totalement indépendante, de réaliser une analyse coûts/bénéfices exhaustive d’une libéralisation du marché de l’électricité et d’accompagner le développement d’une infrastructure énergétique pan-asiatique.