Si certains n'aiment pas la France, qu'ils ne se gênent pas pour la quitter

Par Bernard M.
Publié le 24 avril 2006 à 10:35

Devant près de 2.500 nouveaux adhérents de l'UMP, Nicolas Sarkozy s'est campé samedi en "homme de droite, de la droite républicaine", mais "pas un conservateur"



Le rituel du discours prononcé devant les nouveaux adhérents de l'UMP (près de 2.500 réunis à Paris) a donné samedi à Nicolas Sarkozy l'occasion d'affirmer sa position et d'en appeler aussi bien aux électeurs à droite de la droite... qu'aux électeurs à gauche de la gauche.



Le patron de l'UMP, se définissant comme un "homme de droite, de la droite républicaine", mais "pas un conservateur", s'est ainsi dit prêt à aller chercher "un par un" les électeurs du Front national et de la "gauche populaire", Parti communiste en tête.



Message aux premiers : "On en a plus qu'assez d'avoir en permanence le sentiment de s'excuser d'être français. On ne peut pas changer ses lois, ses coutumes parce qu'elles ne plaisent pas à une infime minorité. Si certains n'aiment pas la France, qu'ils ne se gênent pas pour la quitter".



Phrase qui rappelle le slogan de Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France : "La France, tu l'aimes ou tu la quittes". Mais cette tirade a été aussitôt doublée d'un appel "à la gauche populaire, à tous ceux qui ont cru au Parti communiste. J'ai plus de respect pour les anciens ouvriers qui ont travaillé toute leur vie en usine que pour les mondains qui n'ont pas vu les crimes de Staline".



Après les appels aux électeurs, il a profité de cette réunion de nouveaux adhérents de son parti pour continuer de s'en prendre à "une gauche qui n'a pas de leçons de morale" à lui donner, "une gauche responsable de la montée du Front national".



Quant à Ségolène Royal, la candidate à la candidature socialiste pour 2007 qui, selon deux sondages, le battrait à la présidentielle si le deuxième tour avait lieu maintenant, Nicolas Sarkozy lui a reproché son absence d'idées. "Ségolène Royal, elle a trouvé le raisonnement : j'ai vos idées, dit-elle. C'est : circulez, y'a rien à voir", a ironisé le président de l'UMP. Il a également lancé une pique envers Lionel Jospin, l'ancien Premier ministre socialiste qui avait procédé à la régularisation de sans-papiers quand il était au pouvoir.



"S'il était candidat (en 2007), ce serait l'occasion de lui demander des explications". Pour sa part, le ministre de l'Intérieur, qui s'apprête à présenter son projet de loi sur l'immigration, a de nouveau proposé "qu'on supprime les régularisations au fil de l'eau", c'est-à-dire les régularisations quasiment automatiques au bout de dix ans de présence en France.