Soutenir le prix de la volaille et réduire la production de poussins

Par Bernard M.
Publié le 21 mars 2006 à 09:04

La Commission européenne va proposer des mesures de réduction de la production de poussins comme première étape pour soutenir le cours des volailles, en forte baisse depuis l'apparition de la grippe aviaire en Europe, a annoncé lundi la commissaire européenne à l'agriculture

Mais cette mesure est jugée insuffisante par la plupart des pays touchés, qui veulent des mesures allant beaucoup plus loin. "Ce qu'il faut absolument, c'est réduire la production. Une approche ciblée sur les oeufs destinés à l'éclosion et les poussins serait, de mon point de vue, l'approche la plus pratique", a déclaré Mariann Fischer Boel lors d'une conférence de presse après une réunion des ministres de l'Agriculture.



La consommation de volaille a fortement baissé dans plusieurs pays du continent où l'on a découvert des animaux infectés par le virus H5N1. Les principaux pays européens consommateurs de volailles ont vu les prix chuter de 15 à 20% au cours des cinq derniers mois. Plusieurs pays se retrouvent avec des stocks qu'ils ont du mal à écouler, sur place ou à l'étranger.



Pour l'instant, l'UE a certes relevé ses subventions à l'exportation pour rendre la situation plus supportable, mais n'a pas jugé bon de prendre d'autres mesures malgré de multiples demandes.

La commissaire à l'Agriculture a dit espérer pouvoir présenter les instruments juridiques nécessaires à sa proposition au prochain Conseil européen fin avril.



Dans l'intervalle, la Commission aura examiné les demandes des différents Etats de l'UE et sollicité l'avis du Parlement européen, nécessaire pour les changements de politique.



Dans une note présentée aux ministres, la France a appelé l'UE à subventionner le stockage privé de viande de volaille, des indemnités pour les stocks ne pouvant plus être vendus et des aides pour l'abattage des volailles si les marchés à l'export devaient s'effondrer.

Le ministre français de l'Agriculture, Dominique Bussereau, a aussi demandé une refonte complète du marché de la volaille pour permettre à la Commission de prendre des mesures d'urgence, comme pour les abattages anticipés de volailles.



La France demande aussi que la Commission accorde son feu vert aux aides nationales - 63 millions d'euros rien qu'en France - versées par les différents Etats membres. Paris réclame aussi le financement immédiat de campagnes d'encouragement à la consommation de volailles, alors que la Commission semble selon lui peu pressée. Selon Bussereau, ces propositions ont été soutenues par "la quasi-totalité des pays", sauf la Suède, qui est "hésitante".



L'idée de Mariann Fischer Boel est que les pays de l'UE prennent à leur charge la moitié des frais des coûts supplémentaires, le reste devant être pris en charge par la Commission européenne.



La semaine dernière, des responsables de l'exécutif européen ont suggéré de verser des aides aux éleveurs pour qu'ils produisent moins. Un autre projet consisterait à élargir la liste des destinations d'exportations donnant droit à des subventions européennes.

Juridiquement, les subventions à l'export sont pour l'instant le seul outil à la disposition de la Commission pour soutenir les prix. Depuis janvier, elles ont peu à peu été augmentées pour la découpe de volaille et les poulets entiers surgelés.



La législation européenne prévoit des compensations pour les agriculteurs contraints d'abattre des volailles et de désinfecter leurs exploitations, dans le cas d'une grande épidémie touchant les animaux. Mais elle ne couvre pas la perte de revenu causée par une chute de la consommation.