Sur l'Incident ATPu de Cadarache
Publié le 20 octobre 2009 à 12:15
L’atelier de technologie du plutonium (ATPu), implanté sur le site de Cadarache, a assuré, entre 1962 et 2003, la fabrication de combustibles à base d’oxyde d’uranium et de plutonium (MOX) destinés aux réacteurs des filières à neutrons rapides et à eau ordinaire.
L’atelier de technologie du plutonium (ATPu), implanté sur le site de Cadarache, a assuré, entre 1962 et 2003, la fabrication de combustibles à base d’oxyde d’uranium et de plutonium (MOX) destinés aux réacteurs des filières à neutrons rapides et à eau ordinaire. En 2003, l’exploitant a arrêté la production commerciale de l’installation. De septembre 2003 à juin 2008, l’ATPu a reconditionné et expédié, à l’usine AREVA de La Hague, les rebuts de fabrication encore présents dans l’installation.
Le décret de mise à l’arrêt définitif et de démantèlement de l’installation a été publié en mars 2009. En préalable, un dossier exposant les dispositions de sûreté retenues pour le démantèlement avait été transmis à l’Autorité de sûreté nucléaire et fait l’objet d’une expertise de l’IRSN. L’exploitant réalise actuellement les opérations de démantèlement et d’assainissement des postes de travail (nettoyage et démontage des équipements, reconditionnement des déchets…) dans le cadre de ce référentiel.
Lors d'opérations de récupération des matières encore présentes (sous forme de dépôts) dans les postes de l’installation après l’arrêt d’exploitation, l’exploitant a constaté, en juin 2009, que ces matières fissiles en rétention étaient en quantités significativement plus importantes qu’attendu. Cela l’a conduit à déclarer, le 6 octobre 2009, un événement significatif qui concerne l’appréciation des risques de criticité.
Classé au niveau 1 de l’échelle INES par l’exploitant, cet événement a été reclassé au niveau 2 par l’ASN1 du fait de l’absence de détection de cette sous-estimation pendant la période d’exploitation de l’installation et de la déclaration tardive de l’événement à l’ASN.
Cet incident a fait l’objet d’une inspection réactive de l’ASN, le 9 octobre, que l’IRSN a accompagnée. Lors de cette inspection, l’exploitant a présenté un certain nombre d’éléments, parmi lesquels de nouvelles estimations des masses de matières fissiles en rétention dans les postes de travail. Avec ces estimations, la masse de plutonium en rétention dans tous les postes de l’atelier (une trentaine) a été réévaluée à environ 39 kg ; En fin de phase d’exploitation, cette masse avait été estimée à environ 8 kg.