Trois journalistes de Midi Libre mis en examen
Publié le 28 novembre 2006 à 22:48
Trois journalistes du quotidien Midi Libre ont été mis en examen mardi à Montpellier pour "recel de violation de secret professionnel", à la suite d'une plainte de l'ancien président du conseil régional de Languedoc-Roussillon, Jacques Blanc, a-t-on appris auprès de la rédaction en chef du journal.
Jacques Blanc (UMP) qui a présidé le conseil régional de 1986 à 2004, avait saisi la justice à la suite de la publication, en octobre 2005, par Midi Libre d'un pré-rapport de la Chambre régionale des comptes mettant en cause sa gestion. La plainte avait été déposée pour 'violation du secret professionnel' et 'recel de violation du secret professionnel'.
"Midi Libre s'insurge contre ces mises en examen qui portent atteinte à la liberté de la presse, menacent la protection des sources d'information et mettent en cause le fondement même de notre métier de journaliste: enquêter et révéler", a réagi mardi la direction de la rédaction du quotidien, dans un communiqué.
La perquisition, opérée en juillet par la division criminelle du SRPJ de Montpellier, placée sous l'autorité du juge d'instruction Stéphane Tamalet, avait été effectuée au siège du groupe Les Journaux du Midi (groupe La Vie/Le Monde) à Saint-Jean-de-Vedas (Hérault).
La Chambre régionale des comptes avait alors indiqué que ce pré-rapport était un "document de travail couvert par le secret professionnel", diffusé auprès de l'ancien président du conseil régional Jacques Blanc et de son président actuel, le socialiste Georges Frêche.
Le rapport définitif de la Chambre a été rendu public le 19 octobre en séance plénière du conseil régional.
Georges Frêche avait alors dénoncé la "gabegie" de son prédécesseur qui s'est traduite, a-t-il dit, par "la perte minimale de 50 millions d'euros", de 1996 à 2003.