Une écrasante majorité de Français et de sympathisants socialistes ne veulent pas d’un nouveau vote, estimant que Ségolène Royal « a tort de ne pas reconnaître sa défaite »

Une écrasante majorité de Français et de sympathisants socialistes ne veulent pas d’un nouveau vote, estimant que Ségolène Royal « a tort de ne pas reconnaître sa défaite »
Par Bernard M.
Publié le 24 novembre 2008 à 14:27

Interrogés samedi midi, dans la foulée de la polémique sur l’issue du vote des adhérents socialistes, les interviewés rejettent les arguments de Ségolène Royal massivement. Pourtant, nous rappelions dans le libellé de la question que Martine Aubry n’avait remporté la victoire que de « quelques dizaines de voix » et que Ségolène Royal demandait que l’on fasse revoter les adhérents « parce qu’elle estimait qu’il y avait eu tricherie ».
Ayant à trancher sur le sujet, la réponse des Français est sans appel : 71% estiment que Ségolène Royal a tort de ne pas reconnaître sa défaite, alors que seulement 21% estiment qu’elle a raison de « refuser de se laisser faire ».

La perception des sympathisants socialistes n’est pas moins nette : 66% contre 28% lui donnent tort, alors même que ceux-ci sont assez bien répartis entre pro et anti Ségolène. D’ailleurs ses électeurs du second tour de l’élection présidentielle lui demandent eux aussi très massivement de reconnaître sa défaite (70% contre 24%). Cette perception, qui confirme une autre étude publiée ce matin dans le Figaro (et qui montre que les Français veulent que l’on accepte le résultat tel qu’il est) est partagée à plus de 60% par toutes les catégories de population. Si elle était aussi celle des adhérents socialistes (ce que nous ne pouvons pas savoir à travers ce sondage), déjà appelés trois fois aux urnes en l’espace d’une semaine, accepter l’idée d’un nouveau vote serait presque tactiquement habile pour le camp de Martine Aubry. Surtout si la commission de demain mardi valide sa nomination. Elle bénéficierait ainsi d’une forme de double victoire et de double légitimité qui lui permettrait de ne pas avoir à partager un peu du pouvoir avec son adversaire. Mais ce pari est sans doute très/trop risqué pour que la Maire de Lille ne le prenne.