Ville de Pau : pari loin d'être gagné pour François Bayrou

Ville de Pau : pari loin d'être gagné pour François Bayrou
Par Bernard M.
Publié le 15 février 2008 à 17:27

Dans une ville marquée par la longue présence d’André Labarrère, qui avait été élu en 2001 dès le premier tour, et par un ancrage à gauche illustré par le haut score de Ségolène Royal le 6 mai dernier (55% des suffrages exprimés), le choix fait par François Bayrou de diriger la liste du Modem n’est pas facile.

Actuellement, dans l'hypothèse probable d'une triangulaire, il ne recueille que 37% des intentions de vote, soit trois points de moins que la liste de gauche conduite par Martine Lignière-Cassou ; la liste du maire sortant, l'ancien socialiste Yves Uriéta, soutenue par l'UMP, arrive loin derrière, avec seulement 23%. Le faible score de cette dernière liste s'explique largement par la mauvaise image de son leader, au sujet duquel une majorité relative des habitants exprime une mauvaise opinion (43% contre 39%). Du fait du changement d'orientation politique d'Yves Uriéta, il n'existe aucune sorte de « prime au sortant », et son influence demeure confinée à sa base politique, les sympathisants UMP. A l'inverse, Martine Lignière-Cassou rassemble les différentes familles de la gauche locale, et bénéficie de très bons reports de voix des électeurs de la liste d'extrême-gauche. De plus, son image personnelle est excellente, à la fois en termes de notoriété (94%) et de popularité (66% de bonnes opinions, contre seulement 16% de mauvaises). En conséquence, la situation délicate de François Bayrou tient à ce que sa liste n'attire guère les sympathisants de gauche (14%) ni ceux de l'UMP (21%). Il ne tire guère profit localement des difficultés du Président de la République dans l'opinion, et pas davantage des divisions socialistes. Il est à cet égard significatif de constater que seuls 75% des électeurs palois qui l'avaient choisi au premier tour de la présidentielle, voteraient pour lui lors du prochain scrutin. Si des évolutions de l'opinion sont toujours possibles à plusieurs semaines du scrutin, l'éventualité que le leader du Modem perde son pari municipal est aujourd'hui tout à fait envisageable.