Villepin imperturbable

Par Bernard M.
Publié le 02 avril 2006 à 11:43

Dans un entretien au JDD de ce jour, il affirme notamment ne pas avoir été désavoué par Jacques Chirac, tout en concédant du bout des lèvres " une part d'erreur "



A la question : "Le président de la République ne vient-il pas de vous désavouer ?", le Premier ministre répond: "Non. Nous vivons dans une époque où l'on cherche en permanence à monter les uns contre les autres. Ce n'est pas l'idée que je me fais de la politique. Je refuse d'entrer dans ces jeux-là".



Assurant que M. Chirac a pris "une décision juste et respectueuse de nos institutions", M. de Villepin indique qu'il fera "les améliorations nécessaires" au CPE "avec Jean-Louis Borloo et Gérard Larcher", sans citer le président de l'UMP et ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy.



Il confirme que les présidents des groupes UMP à l'Assemblée et au Sénat, Bernard Accoyer et Josselin de Rohan, "déposeront une proposition de loi à l'issue des concertations avec les organisations syndicales, qu'ils vont conduire en étroite liaison avec les ministres", reconnaissant ainsi qu'il n'en sera pas partie prenante.



Le chef du gouvernement esquisse par ailleurs un mea culpa sur le CPE: "Dans toute action, il y a une part d'erreur". "Depuis le début, je n'ai cessé de marquer ma volonté de mener de front dialogue social et action. Il y a eu des malentendus et des incompréhensions sur le sens de ma démarche, je le regrette profondément", ajoute-t-il.



Alors que la presse a affirmé ces derniers jours qu'il avait menacé de démissionner en pleine crise du CPE, M. de Villepin dément implicitement en déclarant ne pas être "homme à baisser les bras"

"Je suis soucieux d'avancer en tirant les leçons à chaque étape", dit-il.



Interrogé sur sa forte chute dans les sondages, il juge "inévitable" que "dans une situation de crise, la popularité du chef du gouvernement soit affectée" mais affirme que "dans cette affaire, (sa) personne importe peu".



Se projetant dans l'après-CPE -"il est temps aujourd'hui de trouver des solutions responsables à l'anxiété profonde qui est apparue ces derniers jours", dit-il- M. de Villepin annonce qu'il réunira lundi à Matignon son gouvernement au grand complet pour "fixer le cap des prochains mois".

"Nous avons du pain sur la planche (...) Le défi de l'emploi appelle des réponses dans beaucoup d'autres domaines: nous avons besoin d'un service public de l'emploi toujours plus performant, pour recevoir régulièrement les demandeurs d'emploi et répondre à leurs attentes", précise-t-il.



Dans le droit fil des déclarations du chef de l'Etat vendredi soir, M. de Villepin juge "indispensable" de "renforcer les liens entre l'université et l'emploi pour permettre à tous les étudiants de trouver rapidement un travail conforme à leurs souhaits".

Plus en amont encore, il y a beaucoup à faire en matière d'orientation et d'information des lycéens et des étudiants", ajoute-t-il.