Violences urbaines : « La République est en danger »

Par Bernard M.
Publié le 09 novembre 2005 à 17:18

A l’heure où sont écrites ces lignes, les banlieues sont embrasées, les couvre-feux se multiplient, les médias, en particulier audiovisuels, jouent un rôle subversif et à double tranchant ; réunissant sur des plateaux improvisés à la hâte, tous les genres et toutes les tendances, susceptibles de déstabiliser l’action de l’exécutif.

Ces manœuvres à peine voilées de faire passer la pilule auprès de la population alors que même l’opposition parlementaire fait preuve de la plus extrême prudence et d’une dignité de circonstance, n’inverseront pas le ressentiment qu’ont les Français face à ces actes graves, destructeurs et délictueux. L’effet risque même d’être contre-productif et de conduire le « ras-le-bol » à s’exprimer vers les extrêmes lors des prochaines consultations électorales.



On exploite la dramatique électrocution de personnes dans des conditions certes troubles mais qui font l’objet d’une enquête judiciaire pour semer le chaos, le trouble, la terreur au point d’avoir à déclarer l’état d’urgence !



On cristallise – en sortant ceux-ci de leur contexte – tous les débats sur les prétendus dérapages verbaux du ministre de l’Intérieur alors que Nicolas Sarkozy n’a fait que dire tout haut ce que les autres pensaient, à l’unanimité, tout bas !



Pourquoi la République accepterait-elle de se soumettre à ces bandes factieuses qui brûlent les écoles et les ambulances ?


Pourquoi les maires, députés et ministres devraient-ils tendre la main à des délinquants au nom du « mal-être » communautariste de ces jeunes issus de l’immigration qui auraient, selon les termes de certains sociologues, trouvé là un nouveau moyen d’expression, le feu, pour crier leurs souffrances ?



Le préalable d’un retour au calme, avant toute action constructive, avant toute discussion, n’est pas négociable.



Ancien ministre, Michel Charasse, il y a tout juste un an, lançait un appel en déclarant : « La République est en danger », un appel qui n’a pas eu encore suffisamment d’écho pour que nos responsables politiques prennent la mesure de la gravité de la situation.



Cette guérilla urbaine qui se répand, telle une traînée de poudre, n’est que le prélude d’une grave instabilité de nos institutions qui auront du mal à résister à cette dérive qui fait basculer notre pays d’une longue ère de paix vers la guerre.



Car c’est bien de guerre qu’il s’agit. Le terme n’est pas trop fort. Il ne fait que refléter une déliquescence par les armes d’une intégration ratée parce que non voulue, comme l’ont encore déclaré, hier au soir, sur France 3, les principaux représentants des associations qui osent prendre la défense de celles et ceux qui annihilent notre passé, notre présent et, pour partie, notre devenir.