Voiture éco-innovante, clavier antibactérien, rideau anti-ondes… Des objets de tous les jours réinventés grâce au cuivre
Publié le 04 janvier 2013 à 10:00
Toujours à la recherche de nouveautés utiles aux usagers, les designers industriels s’emparent du cuivre pour transformer et optimiser les objets les plus familiers. Premier métal travaillé par l’homme, le métal rouge n’a pas fini d’être redécouvert pour ses multiples propriétés : esthétique, malléable, conducteur, 100% recyclable et même antibactérien, il est au cœur de nombreuses innovations qui touchent à la vie de tous les jours. Dans l’automobile, sa résistance et sa recyclabilité en ont fait le matériau star du dernier concept car de Peugeot, présenté cette année au Mondial de l’Automobile. Ses vertus antibactériennes sont exploitées dans les objets les plus manipulés au quotidien, comme les claviers d’ordinateurs, afin de réduire les risques d’infections. Grâce à sa malléabilité, le cuivre se prête aussi à toutes les métamorphoses : dernière innovation en date, le tissu en fils de cuivre trouve des applications aussi bien dans la décoration que dans l’industrie. Eco-conception, santé, design et sécurité : le quotidien de demain sera cuivré ou ne sera pas ! Le cuivre au service de l’éco-innovation Revenir à l’essentiel pour mieux surprendre, faire parler les matériaux bruts : telle semble être la nouvelle devise des designers industriels. Influencés par la nécessité d’une économie moins consommatrice en énergie, temps et matières premières, ils parient sur des matériaux bruts demandant peu de transformations et garantissant d’emblée de nombreuses qualités intrinsèques, comme le papier recyclé, le carbone… et le cuivre ! Par ses propriétés, le cuivre est à l’honneur au sein de cette nouvelle tendance, comme en atteste le succès du concept car « Onyx » de Peugeot. A l’inverse des codes automobiles classiques qui vont vers une sophistication croissante des carrosseries, Onyx met en avant ses matériaux bruts. Très malléable, le cuivre déposé en feuilles sertit les ailes de la voiture et crée un contraste saisissant face au carbone mat. Sa recyclabilité fait écho aux journaux recyclés qui composent le tableau de bord. Enfin, aucun verni, peinture, ni entretien particulier n’est nécessaire. La patine agit comme une protection naturelle et garantit une esthétique évolutive. Autre exemple de cette tendance, l’Interior Innovation Award 2012 vient de sélectionner pour lauréate la « Copper Lampe » de Sebastien Goldschmidtboeing, jeune designer allemand. Dans cette création au design minimaliste, le souci de l’économie de moyen est flagrant. Le cuivre, choisi tant pour sa conductivité électrique que pour sa brillance, idéale pour réfléchir la lumière, joue à la fois le rôle d’interrupteur (une longue tige permet de réguler l’intensité lumineuse), de pied et d’abat-jour. Des objets en cuivre qui éliminent les bactéries De nombreuses études scientifiques et expérimentations ont démontré l’efficacité du cuivre contre les bactéries en milieu hospitalier. Un environnement équipé de surfaces en cuivre permet de réduire de 40% les risques de contracter une maladie nosocomiale1. Ces découvertes sont aujourd’hui applicables aux objets de la vie courante. Objectif : éliminer en permanence les bactéries et germes qui colonisent les objets touchés au quotidien et prévenir les infections comme la grippe ou la gastroentérite. Dans ce domaine, des éléments comme le clavier d’ordinateur arrivent en tête des foyers de contamination. D’après une étude réalisée pour le magazine Which? Computing, un clavier peut contenir 150 fois plus de bactéries que la limite recommandée par les autorités sanitaires anglaises. Grâce aux propriétés antibactériennes du métal rouge, un clavier fabriqué avec du cuivre est en quelque sorte « auto-désinfectant », éliminant en permanence les bactéries. Entre 90% et 100% des bactéries présentes sur une surface en cuivre sont éradiquées en seulement quelques minutes. L’impact direct sur les utilisateurs pourrait être non négligeable : on estime en effet que 80% des infections sont transmises par contact avec des surfaces contaminées. Le cuivre pourrait être utilisé prochainement pour fabriquer d’autres objets particulièrement exposés à la contamination bactérienne. Une étude conduite aux Etats-Unis a par exemple révélé que les caddies de supermarché sont de véritables nids à bactéries : on retrouve des marqueurs de bactéries fécales sur 72% des poignées de chariots. Les téléphones portables sont également concernés : selon une étude réalisée au Royaume-Uni, 92% des mobiles sont porteurs de bactéries, dont 16% comportent des bactéries de type Escherichia coli, responsables de troubles digestifs. Autant de champs d’action futurs pour le cuivre ! Quand le cuivre devient tissus… Et si le vêtement du futur était en cuivre ? Transmuter les métaux en textile, un véritable rêve d’alchimiste ! Grâce à sa malléabilité, le cuivre a l’avantage de se prêter parfaitement au processus de tissage. L’un des premiers designers à s’être emparé de cette opportunité est la Française Sophie Mallebranche, spécialisée dans la création et la réalisation de tissus métalliques à base de cuivre : « Grâce au cuivre et ses 900 nuances, on peut libérer pleinement les champs chromatiques ». Au-delà de son caractère décoratif, le tissu en cuivre est aussi convoité pour sa capacité à bloquer les ondes électromagnétiques. Le tissu composite cuivre et argent permet de créer un effet « cage de Faraday ». Alors que les travaux sur les effets du rayonnement des ondes se multiplient, la pollution électromagnétique apparaît comme un nouveau fléau moderne. Le tissu cuivre est une piste sérieuse pour réduire l’exposition des personnes aux ondes, aussi bien dans l’habitat, sous forme de rideaux, que dans les milieux professionnels. La société TADL a par exemple conçu une combinaison anti-ondes dont la vocation est de protéger les travailleurs particulièrement exposés aux ondes : les conducteurs de métros, le personnel hospitalier ou encore les agents EDF. Le tissu en cuivre intéresse également d’autres industries de pointe : dans l’aviation il serait susceptible de remplacer certains câbles, étant plus léger et plus conducteur. Les perspectives d’utilisation offrent donc un bel avenir au tissu cuivré !