World Forum Lille Interview de Philippe Rémignon, directeur général de Vilogia

Par Bernard M.
Publié le 21 octobre 2009 à 11:24

« On peut être tailleur de pierres pour gagner sa vie, pour le plaisir de tailler des pierres…ou pour bâtir une cathédrale ! »

« On peut être tailleur de pierres pour gagner sa vie, pour le plaisir de tailler des pierres…ou pour bâtir une cathédrale ! » Pour vous l’argent, qu’est-ce que ça représente ?

Philippe Rémignon : L’argent représente pour moi une capacité d’action, à savoir la capacité de décider de ce que l’on va pouvoir faire de manière libre, de manière autonome. C’est, en d’autres termes, ce qui nous donne des possibilités d’agir sur notre environnement.

La contrepartie est que cela nous pousse forcement à être responsable et solidaire : d’une part visà-

vis de ceux qui nous confient cet argent et d’autre part vis-à-vis de ceux qui n’en ont pas car c’est aussi notre vocation. Vous savez, on peut être tailleur de pierres pour gagner sa vie, pour le plaisir de tailler des pierres…ou pour bâtir une cathédrale.



Comment entendez vous « argent responsable », est-ce un terme antinomique ?

Philippe Rémignon : Non pas du tout. « L’argent responsable », c’est celui qui s’oppose à l’argent irresponsable. C'est celui qui sert à construire, à améliorer la société et le sort de ceux qui nous entourent. L’argent responsable est celui dont on se sert comme outil. D’ailleurs nous citons régulièrement la phrase suivante : « l’argent et un bon serviteur et un mauvais maître ». Il ne faut pas avoir peur de l’argent à partir du moment où l’on a pour objectif de s’en servir.



Avez-vous des exemples « d’argent responsable » au sein de Vilogia ?

Philippe Rémignon : L’un des exemples majeur qui rejoint d’ailleurs le thème du World Forum de l’année dernière (« préserver les ressources planétaires ») est notre plan stratégique offensif de réduction des consommations énergétiques de nos logements. Nous avons réussi à faire valider à nos Conseils d’Administration le fait qu’une partie de nos fonds propres soit surinvestie dans l’économie d’énergie dans le neuf et l’existant Nous disposons désormais de 50 millions d’euros supplémentaires à nos investissements traditionnels pour à la fois préserver les budgets de nos locataires en termes de charge de chauffage mais également pour préserver l’environnement de la planète. Cela est donc pour moi l’exemple même de « l’argent responsable » vis-à-vis des ménages modestes et du reste de la planète.