Services à la personne : le Crédit d'impôt menacé dès 2025 (pour 40 milliards d'économies) ?

Services à la personne : le Crédit d'impôt menacé dès 2025 (pour 40 milliards d'économies) ?
Par Cindy Duparcq
Publié le 14 août 2025 à 12:00

Le crédit d’impôt pour les services à la personne a longtemps été synonyme de coup de pouce financier et de simplicité pour des millions de foyers français. Mais à l’aube de 2025, un vent d’incertitude souffle sur ce dispositif. Entre annonces rassurantes et zones d’ombre, le budget de l’État impose des choix qui pourraient bouleverser le quotidien d’une grande partie de la population. Quels services seront encore protégés ? Lesquels risquent de voir leur avantage fiscal s’effriter ? Plongée dans les coulisses d’une réforme qui s’annonce déterminante.

Un pilier du quotidien remis en question

Chaque année, des particuliers font appel à une gamme étendue de services à la personne : ménage, garde d’enfants, soutien scolaire, petit bricolage… Ces prestations, au cœur de la vie domestique, bénéficient d’un soutien fiscal attractif. Jusqu’à présent, la règle est claire : toute dépense engagée auprès d’un prestataire agréé ou d’un salarié déclaré ouvre droit à un crédit d’impôt de 50 %, dans la limite de plafonds variables selon l’activité et la composition du foyer.

Mais dans la perspective du projet de Budget 2026, l’équilibre vacille. Pour économiser 40 milliards d’euros, le gouvernement envisage un coup de rabot sur certains avantages fiscaux, et le crédit d’impôt des services à la personne se retrouve dans la ligne de mire.

Le saviez-vous ? Les familles nombreuses ou celles qui comptent un membre âgé de plus de 65 ans à domicile peuvent voir leur plafond de dépenses majoré, ce qui augmente le montant du crédit d’impôt.

Ce qui va changer : entre annonces et incertitudes

La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, l’a affirmé : la réduction d’impôt restera maintenue pour la garde d’enfants et l’accompagnement des personnes âgées ou handicapées. Ces services sont jugés essentiels et continueront d’être soutenus par l’État en 2025. Mais le sort d’autres prestations, comme le ménage ou le petit jardinage, reste incertain. Rien n’est encore tranché, et l’ombre d’une réduction ciblée du crédit d’impôt plane sur ces activités qui pèsent lourd dans la dépense publique.

Attention : Si le crédit d’impôt venait à être réduit pour les services de ménage ou de jardinage, le coût réel pour les ménages pourrait grimper de plusieurs centaines, voire milliers d’euros par an.

Comment fonctionne le crédit d’impôt ? Les règles à connaître en 2025

Le crédit d’impôt s’adresse à tous : propriétaires, locataires, actifs ou retraités. Pour en profiter, il suffit de recourir à un service à la personne figurant dans la liste officielle du code du travail. Le plafond de dépenses généralement admis est de 12 000 € par an et par foyer, pouvant grimper à 20 000 € selon la situation familiale. Les activités de jardinage, elles, sont limitées à 5 000 €, tandis que le bricolage, à seulement 500 €.

Astuce : Avant de signer un contrat de prestation, vérifiez que l’organisme est bien agréé et que le service correspond à l’une des activités éligibles pour éviter toute mauvaise surprise lors de votre déclaration fiscale.

Les 26 services éligibles : qui reste, qui risque de sortir ?

En 2025, la liste des services ouvrant droit au crédit d’impôt reste large et couvre 26 activités, parmi lesquelles :

  • Entretien de la maison et travaux ménagers
  • Petits travaux de jardinage
  • Travaux de petit bricolage
  • Garde d’enfants (à domicile, tous âges et situations de handicap)
  • Soutien scolaire et cours à domicile
  • Assistance informatique
  • Préparation et livraison de repas
  • Livraison de courses
  • Assistance administrative
  • Soins et promenades d’animaux pour personnes dépendantes
  • Accompagnement et conduite de personnes âgées, handicapées ou en invalidité temporaire
  • Télé-assistance, interprétariat en langue des signes, etc.

Pour chaque service, la réglementation impose des conditions strictes, notamment le recours à un organisme déclaré et la fourniture de justificatifs pour bénéficier de l’avantage fiscal lors de la déclaration annuelle.

Quels services risquent d’être impactés ?

Si la garde d’enfants et l’aide aux personnes fragiles sont sécurisées, d’autres postes pourraient être concernés par des restrictions. Les services de ménage, de repassage, ou encore la maintenance courante du domicile, constituent une part importante des dépenses publiques consacrées au crédit d’impôt. Le gouvernement s’interroge sur l’opportunité de réduire le taux ou les plafonds pour ces prestations.

Les associations d’employeurs et les particuliers redoutent un effet domino : une baisse de l’avantage fiscal pourrait entraîner un recul de l’emploi déclaré, voire un retour au travail non déclaré. L’impact sur le pouvoir d’achat serait loin d’être négligeable, avec parfois plusieurs milliers d’euros de perte annuelle pour certains foyers.

À noter : La suppression ou la réduction du crédit d’impôt pour certaines activités pourrait pousser certains ménages à revoir leur budget ou à renoncer à des services pourtant essentiels à leur équilibre.

Ce que les foyers doivent anticiper

La prudence est de mise : tant que la loi de Finances n’a pas été définitivement votée, l’incertitude règne. Les familles qui envisagent de recourir à des services à la personne en 2025 ont tout intérêt à surveiller l’actualité fiscale et à anticiper d’éventuels changements. Vérifier chaque année les conditions d’éligibilité auprès de l’administration fiscale reste la meilleure façon d’éviter les mauvaises surprises.

Conseil pratique : Pensez à conserver toutes vos factures et attestations de paiement. En cas de contrôle, seuls les paiements effectués auprès de prestataires agréés seront pris en compte pour le calcul du crédit d’impôt.

Un dispositif en mouvement, sous haute surveillance

Le crédit d’impôt pour les services à la personne s’est imposé comme un dispositif efficace pour soutenir l’emploi à domicile et soulager le budget des familles. Mais la volonté du gouvernement de réaliser des économies massives implique nécessairement des arbitrages. Face à l’incertitude, la vigilance s’impose : chacun devra s’adapter aux nouvelles règles du jeu qui s’annoncent pour 2025. Reste à attendre les textes définitifs pour connaître l’ampleur réelle des évolutions… et leur impact sur le quotidien de millions de Français.