Santé : pourquoi vos passages chez le médecin et à la pharmacie vont peut-être bientôt coûter deux fois plus cher
Publié le 13 août 2025 à 17:22
Des franchises qui flambent : ce qui pourrait changer dès 2026
Jusqu'à présent, les franchises médicales restaient pour beaucoup un détail discret, doucement ponctionné sur les remboursements de l'Assurance Maladie. Mais la donne semble sur le point de changer radicalement. Selon des informations révélées par Les Echos, le gouvernement souhaiterait non seulement doubler les plafonds annuels, mais aussi augmenter le montant unitaire de ces franchises.
Actuellement, chaque patient débourse 1 euro par boîte de médicament (contre 0,50 euro avant 2024) et 2 euros par consultation chez le généraliste (contre 1 euro auparavant). Mais en 2026, ces franchises pourraient respectivement passer à 2 et 4 euros, tandis que le plafond annuel grimperait de 50 à 100 euros.
Pour les Français, cela signifie que la facture annuelle pourrait doubler, sans même parler de l'impact sur chaque passage chez le médecin ou à la pharmacie. Une mesure qui permettrait à l'État d'engranger près de 2 milliards d'euros d’économies.
Des mesures accélérées... et impopulaires ?
L'une des grandes nouveautés réside dans la méthode choisie par le gouvernement. Plutôt que d'attendre le traditionnel vote du budget de la Sécurité sociale, ces changements pourraient passer par décret. Résultat : une entrée en vigueur bien plus rapide, et une impression de passage en force qui n'échappe pas aux observateurs.
Beaucoup dénoncent déjà une attaque directe au pouvoir d'achat, d'autant plus que ces petits montants, prélevés discrètement, seront encore plus visibles dans le quotidien des patients.
Autre modification majeure à l'étude : le paiement immédiat de la franchise au comptoir, lors de la délivrance du médicament ou au moment même de la consultation. Fini le prélèvement ultérieur invisible, le montant serait désormais à régler sur-le-champ, sauf pour certains publics protégés.
Heureusement, le gouvernement rappelle que certaines catégories de personnes resteront exonérées de ces franchises : les femmes enceintes, les mineurs, et les personnes à faibles revenus.
Pharmaciens et professionnels de santé : une colère qui monte
Mais les assurés ne sont pas les seuls à être sollicités. Les pharmaciens, déjà confrontés à une baisse de leurs marges sur les médicaments génériques, voient d'un très mauvais œil le nouvel arrêté gouvernemental. Celui-ci plafonne désormais les remises consenties par les laboratoires aux pharmacies à 30 % du prix fabricant hors taxes dès septembre, avec une baisse progressive jusqu'à 20 % en 2027.
Jusqu'à présent, ces remises pouvaient atteindre 40 %, un levier important pour la viabilité économique des officines, surtout en milieu rural ou dans les petites villes. Désormais, le modèle économique des pharmacies est menacé.
Face à ce "coup de rabot", l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine (USPO) a lancé un appel à la grève nationale le 16 août. Une mobilisation qui pourrait marquer un tournant, tant le malaise est profond chez ces professionnels de santé.
Des économies à tous les étages… mais à quel prix ?
La chasse aux économies ne s’arrête pas là. La ministre Catherine Vautrin vise près de 5 milliards d’euros d’économies sur le budget de la santé pour 2026. Après les pharmaciens, d’autres professionnels sont concernés : taxis médicaux, radiologues, actes de radiothérapie, dialyse… tous sont dans le viseur du gouvernement.
- Augmentation des franchises médicales pour les assurés
- Plafonnement des remises sur les médicaments génériques pour les pharmacies
- Révision des tarifs pour certains actes médicaux spécialisés
- Possibilité d’un paiement immédiat des franchises au comptoir
Les patients risquent de sentir passer la facture, mais c’est tout l’écosystème de la santé qui pourrait être fragilisé. Les mesures d’économies, si elles sont nécessaires selon le gouvernement, pourraient bien provoquer des tensions inédites entre l’exécutif, les professionnels et les assurés.
Et maintenant ? Un été sous haute tension
Avec une rentrée qui s’annonce chargée et des appels à la grève déjà programmés, le débat sur la santé publique ne fait que commencer. Les usagers, de leur côté, s’inquiètent d’un accès aux soins de plus en plus coûteux et d’une solidarité nationale remise en question.
La santé a-t-elle un prix ? Le gouvernement semble le penser, mais la réponse des Français pourrait bien être différente. Restez attentifs : d'autres annonces pourraient encore modifier le quotidien de millions d'assurés.