Aide au développement du Canada : ciblé et efficace, le soutien devrait être plus généreux et plus efficient

Par Bernard M.
Publié le 20 juin 2012 à 14:26

Selon les conclusions de l’examen dont le programme d’aide du Canada pour le développement a tout récemment fait l’objet, il y a lieu de féliciter ce pays pour la fermeté de sa position sur la question des droits de l’homme, les activités de coopération qu’il mène avec les pays en développement et l’efficacité des efforts qu’il déploie en Afghanistan et en Haïti. Mais il ressort aussi de cet Examen des politiques et programmes du Canada en matière de coopération pour le développement effectué par l’OCDE que le volume de l’aide canadienne est en diminution et que, malgré des progrès, son système conserve un fonctionnement pesant.



De 2001 à 2010, l’aide canadienne a doublé. Mais de 2010 à 2011, elle a baissé d’un peu plus de 5 % pour passer à 5.3 milliards USD, soit 0.31 % de son revenu national brut (RNB), et le budget fédéral récemment présenté prévoit de la réduire encore de 7 %, c’est-à-dire de 389 millions USD à l’horizon 2014-2015. Les examinateurs recommandent au Canada d’accroître son aide aussitôt que possible et de prendre les dispositions requises pour la porter jusqu’à l’objectif de 0.7 % du RNB fixé au niveau international.



Le rapport d’examen cite deux autres exemples de « bonnes pratiques » dont les autres donneurs pourraient s’inspirer. Ainsi, le Canada a ouvert son marché à 48 des pays les moins avancés en leur offrant un accès à celui-ci en franchise de droits de douane et hors contingents pour toutes leurs exportations, à l’exception des produits laitiers, de la volaille et des œufs. De plus, il a fait des progrès appréciables dans le déliement de son aide, lequel permet aux pays en développement de s’approvisionner à l’échelon local et aux meilleurs prix. Environ 80 % de l’aide totale du Canada sont non liés, part qui atteint 99 % dans le cas des pays les moins avancés.



D’une manière générale, les examinateurs constatent que « le Canada ne dispose pas d’un énoncé clair, établi au niveau le plus élevé, qui expose sa conception stratégique de la coopération pour le développement », et que si l’Agence canadienne de développement international (ACDI) a entrepris de se moderniser, elle doit néanmoins faire un effort supplémentaire de rationalisation. Dans certains cas – la coopération civilo-militaire en Afghanistan et les activités humanitaires menées en Haïti – la coordination assurée entre les ministères canadiens concernés, et ce avec les ressources financières et humaines nécessaires, a permis de garantir l’efficience et l’efficacité des activités du Canada en matière de développement. Ce dernier devrait définir, pour tous ses programmes de développement, une approche pangouvernementale qui s’inspire de cette expérience.



Les examens par les pairs sont réalisés par le Comité d’aide au développement de l’OCDE, qui est composé des principaux donneurs du monde entier. Le processus d’examen par les pairs que conduit le Comité a pour but de renforcer la coopération pour le développement, de faire en sorte que les donneurs rendent compte de l’exécution des engagements auxquels ils ont souscrits, et de mettre en commun les bonnes pratiques en vue d’améliorer la conception et la mise en œuvre des programmes futurs.



L’examen par les pairs consacré au Canada s’est déroulé sur une période de six mois, au cours de laquelle des missions ont été effectuées à Ottawa et en Éthiopie et qui s’est achevée le 15 mai 2012 avec la réunion d’examen organisée par le CAD à Paris. Les examinateurs étaient la France et les Pays-Bas, lesquels se sont appuyés sur les analyses du Secrétariat de l’OCDE.