Bayrou plaide pour une VIe République

Par Bernard M.
Publié le 16 décembre 2005 à 15:27

Le président de l'UDF François Bayrou s'est prononcé vendredi pour "une VIe République", pour tourner la page sur la Ve République, qui a connu beaucoup d'échecs

"La République vers laquelle nous devons aller, je l'appelle VIe République pour montrer qu'il faut tourner la page sur la Ve République, à mon sens symboliquement, parce qu'elle a connu beaucoup d'échecs", a déclaré M. Bayrou lors d'un colloque sur les institutions organisé par son parti à l'Assemblée.



Dans cette VIe République, il faut convenir ensemble que les deux élections (présidentielle et législatives) n'ont pas le même rôle, a-t-il ajouté.

L'élection présidentielle, c'est l'élection où le pays choisit son cap et donc sa majorité politique. Le président de la République, "élu au suffrage universel", a toute légitimité pour que son action politique se développe durant cinq ans. C'est lui qui détermine et conduit la politique de la nation (...), et c'est lui qui nomme le gouvernement, a-t-il précisé.



Et l'élection législative, c'est l'élection ou le pays choisit non pas son cap, mais sa représentation, a-t-il ajouté en renouvelant sa proposition d'introduction de la proportionnelle.

Je suis pour la représentation égale entre les territoires et les opinions, la représentation proportionnelle: 50/50, a-t-il dit.



Le cadre de cette loi territoires/opinions, 50/50, peut parfaitement servir de règle, y compris pour la représentation des départements et des régions, a-t-il ajouté.

Dans cette Assemblée nationale plus représentative, le président de la République (...) fait sa majorité, a ajouté M. Bayrou. Et lorsqu'il y a crise, un moyen d'en sortir, évidement réservé aux grands sujets, est le référendum, a-t-il dit.



Par ailleurs, François Bayrou a estimé vendredi que Jacques Chirac n'est pas hors jeu malgré les résultats d'un récent sondage où 1% des Français disaient souhaiter que le président de la République soit le candidat de l'UMP à l'élection présidentielle de 2007.



Il sera peut-être étrange dans ma bouche de dire que j'ai trouvé beaucoup de commentaires sur ce sondage inconvenants, a dit le président de l'UDF lors d'un colloque sur les institutions.

J'ai souvent eu des désaccords avec Jacques Chirac (...) mais je ne partage absolument pas les conclusions qui ont été tirées de ce sondage, selon lesquelles il serait hors jeu, a-t-il ajouté, faisant référence à un sondage Ifop-Journal du Dimanche, publié le 11 décembre.



Pour le député des Pyrénées-Atlantiques, la course perpétuelle aux sondages, qui vient détruire ou corroder la fonction, est quelque chose de dangereux à quoi nous devons faire attention.

La fonction du président de la République et le rôle qui doit être le sien, y compris dans les 18 mois qui viennent, méritent une petite défense, a-t-il ajouté, déclenchant de faibles applaudissements.

Un président en fin de mandat devrait pourvoir dire des choses précieuses pour le pays, pour son avenir, il devrait être plus libre, moins contraint, moins ficelé, y compris par des sondages, a repris M. Bayrou.