British Airways passe au biocarburant à base de déchets ménagers et industriels
Publié le 25 février 2010 à 14:53
British Airways, en partenariat avec Solena Group, annonce la construction de la première usine
de production de biocarburant issu de déchets ménagers et industriels. Dès 2014, la compagnie
envisage de faire voler une partie de sa flotte avec ce carburant à faible émission de dioxyde de
carbone.
British Airways, en partenariat avec Solena Group, annonce la construction de la première usine
de production de biocarburant issu de déchets ménagers et industriels. Dès 2014, la compagnie
envisage de faire voler une partie de sa flotte avec ce carburant à faible émission de dioxyde de
carbone. Depuis plus de deux ans, British Airways travaille en étroite collaboration avec Solena, groupe spécialisé
dans la bioénergie, et prévoit de construire une usine de production de bio-kérosène fabriqué à partir de
déchets ménagers et industriels.
L’objectif est de transformer annuellement 500 000 tonnes de déchets en 73 millions de litres de carburant vert, dont les émissions de carbone sont 95% inférieures à celles du kérosène classique. 73 millions de litres de biocarburant correspondent au double des besoins de British Airways sur l’aéroport de London City ou encore à 2% des besoins de carburant pour la compagnie à l’aéroport de Londres-Heathrow.
British Airways s’est engagée à acheter la totalité du carburant produit par le nouveau site de production
dés 2014. Ce projet fait partie intégrante des efforts que la compagnie tient à faire dans le but de réduire
de 25% ses émissions de dioxyde de carbone d’ici 2025 et de 50% d’ici 2050. Soucieuse des questions
environnementales, British Airways est la seule compagnie à participer à un programme d’échanges
d’émissions de carbone. Elle est également la première compagnie à avoir proposé à ses clients de
compenser les émissions produites lors de leurs vols dès 2005.
« Ce partenariat avec Solena nous fera franchir un pas de géant vers la concrétisation de notre objectif
de réduction de 50% de nos émissions de carbone à l'horizon 2050. Il devrait déboucher sur la
production d'une alternative réellement durable au kérosène. British Airways est absolument déterminée
à réduire son impact sur le changement climatique. Dans cette optique, nous sommes fiers d'être la
première compagnie aérienne à prendre des initiatives vertes, concrètes et durables. » déclare Willie
Walsh, CEO de British Airways.
Un projet vert d’envergure
Ce projet contribuera à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, d’une part par la réduction du
volume des déchets destinés à l'enfouissement et d’autre part, par la production de 20 MW par an
d'électricité à partir de sources renouvelables.
« Le projet BioJetFuel de Solena et British Airways présente trois avantages majeurs : il convertira
efficacement de la biomasse en carburant aviation propre et renouvelable, tout en générant de
l'électricité et en respectant une neutralité totale en carbone », précise Robert Do, président et CEO de
Solena Group. « L'usine intégrera les dernières avancées technologiques en matière de production de
biocarburant aviation, sans commune mesure avec les installations conventionnelles de conversion des
déchets en énergie par incinération. Elle n'émettra pas le moindre polluant ni produit connexe
indésirable. » conclut-il.
Pour le moment, quatre sites situés dans l'Est de Londres sont en lice pour accueillir cette unité de
production de biocarburant pour l’aviation. Ce projet s'accompagnera de la création de 1 200 emplois
dans la région et permettra aux instances locales de réduire considérablement leur budget
d'enfouissement des déchets.
Le projet British Airways - Solena s'inscrit directement dans la démarche de la politique de réduction du
budget de traitement des déchets menée par Boris Johnson, l’actuel maire de Londres. La capitale
souhaite collaborer pleinement dans ce projet afin d’exploiter l'immense potentiel de production d'une
énergie plus propre et moins polluante à partir de déchets qui, faute d'une telle solution, seraient voués à
l'enfouissement.
Un nouveau carburant vert issu de déchets ménagers et industriels
Le nouveau carburant vert sera obtenu par traitement des déchets dans un gazéificateur (breveté) à haute température, qui produit du BioSynGaz. Ce processus connu sous le nom de Fischer Tropsch convertit le gaz en biocarburant afin de produire du biocarburant pour l’aviation et du bionaphte. Ce dernier est utilisé comme fluidifiant du pétrole et comme matière première dans l'industrie pétrochimique.
Le site de production de Solena Group émettra principalement de l'oxygène, ainsi que de faibles
quantités de nitrogène, d'argon, de vapeur d'eau et de CO2. L’usine en elle-même sera neutre en CO2. Le gaz résiduaire du processus Fischer Tropsch pourra être utilisé pour produire 20 MW d'électricité
excédentaire à injecter dans le réseau national ou à convertir en vapeur via le système de chauffage du
district. Le seul déchet solide du processus est un laitier inerte et vitrifié pouvant être utilisé comme
alternative aux agrégats dans le secteur de la construction.
L'équivalent global de réduction d'émissions de CO2 résultant de la production de bioénergie et de
biocarburant se monte à ±550 000 tonnes par an. Ce total se subdivise en 250 000 tonnes grâce au nonenfouissement de déchets mixtes, 145 000 tonnes d'économie sur l'ensemble du cycle de vie des
biocarburants comparés aux combustibles fossiles, 86 000 tonnes grâce à la production renouvelable de
20 MW d'électricité et 72 000 tonnes grâce au naphte. 500 000 tonnes de matière première biomasse
seront ainsi traitées annuellement.
En l'absence de ce traitement, ces déchets auraient été mis en décharge. Les pouvoirs publics locaux
financent l'enfouissement des déchets par le biais d'une taxe à la décharge. Elle se monte actuellement à
40 GBP / tonne et augmentera à 72 GBP / tonne à l'horizon 2013 / 2014. Sur la base du volume total de
500 000 tonnes, le projet permettra d'économiser 36 millions GBP sur le budget de décharge des
instances locales, cette économie pouvant être répercutée sur les impôts locaux.