Cacophonie estivale
Publié le 12 juillet 2006 à 11:51
Ils et elles sont nombreux, trop d’ailleurs, à briguer des mandats et responsabilités qui, pour la plupart, les dépassent. Ils comme elles, en revanche, ont compris que seules les petites phrases pouvaient, pour autant qu’elles soient acerbes ou assassines, attirer un soupçon d’audience et capter les médias en mal de sujets et de papiers surtout le Mondial terminé.
• Madame Marie-George Buffet (PCF) considère que "le temps presse" pour des candidatures unitaires en 2007 alors qu’elle sait bien qu’aucune condition n’est, en tous pour l’instant, réunie pour que l’once d’un milliardième d’accord à sa gauche comme à sa droite puisse intervenir. A l’inverse, elle est tout à fait consciente que faute d’une candidature unitaire de la gauche de la gauche, les fatidiques 5% qui feraient prendre en charge par les contribuables ses frais de campagne ne seront jamais atteints.
• Ségolène Royal (PS courant royaliste), se couvrant de ridicule en déclarant qu’elle n’en avait rien à f… du foot a voulu corriger de manière encore plus ridicule son image ternie en s’envolant pour Berlin dimanche dernier en se mêlant à une population au sein de laquelle, pour le moins, elle détonait ; quant à son compagnon, François Hollande (PS courant « holandais »), il eût été plus inspiré de rester sur notre sol que d’aller vitupérer contre nos élus légitimes à l’étranger et pas n’importe où, en Algérie, remuant ainsi un bâton nauséabond, même près d’un demi-siècle plus tard …
• M. Laurent Fabius, ayant compris, depuis longtemps que le seul adversaire à abattre était le ministre de l’Intérieur, a jugé utile, en harmonie sans doute avec ses convictions mais en divorce total d ‘avec les aspirations de nos compatriotes, de juger "inadmissible" et "inacceptable" que des enfants de familles sans papiers soient "chassés" de France. Il voudrait, lui, rassembler la gauche, toute la gauche, sur son nom, il ne s’y prendrait pas autrement et comme c’est là justement son intention car il semble être le seul à avoir compris l’origine de la victoire de François Mitterrand en 1981, … il applique !
•Philippe de Villiers lui se cantonne à l’actualité sportive et préfère se mêler de ce qui ne le regarde pas, sans connaître d’ailleurs le fond de l’histoire, pour réclamer à notre « Zizou national » des excuses publiques envers celui à qui il a donné un malheureux coup de boule, suffisant pour les donner (les boules) à tous les supporters de notre équipe finaliste ayant fait revivre en l’espace de deux semaines l’espoir et la confiance au sein d’une France multiraciale et pluriconfessionnelle. Mais après tout, en bon catholique vendéen presque « Chouan », il en a des leçons à donner, aux autres, à ses adversaires comme à ses amis d’ailleurs.
• Edith Cresson, ancien Premier ministre et aussi impopulaire que l’actuel hôte de Matignon, a été jugée, par la Cour européenne, coupable de favoritisme, n'aura pas de sanction financière. Et bien que la Cour "constate que Mme Cresson ait enfreint ses obligations de commissaire", elle sera donc condamnée sans peine, donnant encore davantage de force à toutes celles et tous ceux qui n’ont plus confiance en la politique ni en la justice, en particulier du coté des extrêmes. Comment voulez-vous en effet que le « français moyen » comprenne cette sentence ainsi exprimée : "le constat du manquement constitue en soi une sanction appropriée" ?
• Dominique Voynet et Yves Cochet, derrière des sourires carnassiers ont du mal a cacher leur avidité du pouvoir comme la vacuité de leur programme, alors qu’ils n’ont toujours pas été départagés par leurs militants au surplus très peu nombreux.
• Si la gauche continue de progresser dans les rangs des salariés et des chômeurs, c’est aussi le cas pour le Front national qui à une allure plus vive attire les écorchés de la vie, dans le monde privé comme celui du travail, telles sont les conclusions d’une étude de l'Ifop réalisée pour notre confrère quotidien « La Croix » paru mardi dernier, un pas de plus pour que J.M. Le Pen soit, à nouveau, présent au second tour de l’élection présidentielle ?
•Quant à la présidente du Medef, Laurence Parisot, elle a estimé que les propositions de Nicolas Sarkozy, en matière économique, comportaient des "principes intéressants" mais s’est quand même attachée à lui reprocher un "manque de cohérence", également mardi dernier, lors de sa conférence de presse mensuelle. Trop « popu » pour le Medef Sarko ? Qui sait ?
Le spectacle n’est guère beau à voir et les oreilles sifflent de tous cotés face à cette cacophonie de déclarations à l’emporte-pièce comme si nos responsables d’hier, d’aujourd’hui et de demain n’étaient capables que de jouer les caïds dans une cour de récré. Un spectacle affligeant, avilissant, qui donne à ceux qui en sont porteurs, encore plus de crédit qu’avant qu’il nous faut, sans tarder, changer de République.